À bientôt 29 ans, l’artiste Julio Rojas-Sanchez, qui officie sous le pseudo Aqua De Julito, expose pour la deuxième fois à Strasbourg son travail à la croisée entre le dessin et la peinture. Après une dizaine d’années difficiles, passées à chercher son identité tant artistique que personnelle, Julio célèbre un équilibre récent et une sérénité nouvelle dans cette exposition à la librairie Ex Libro, située face au restaurant Flam’s rue des Frères, du 31 juillet au 4 septembre.

Julio a toujours dessiné. En maternelle déjà, ses parents étaient convoqués par son institutrice qui n’avait jamais vu un enfant mettre autant de choses dans ses dessins : « J’ai su très tôt que je voulais faire des études en rapport avec l’art. » Son intérêt ne faiblissant pas, il quitte dès la seconde l’enseignement général pour se former au métier de doreur en CAP, avant de réaliser un bac pro en communication graphique et visuelle pour développer sa culture du traitement de l’image et sa maîtrise de l’outil informatique. Insatiable, il intègre une mise à niveau en arts décoratifs et arts appliqués afin d’entrer à la célèbre école Boulle pour un BTS en design, avant de réaliser une licence et un master dans la même spécialité à l’université de Strasbourg.

Dans cette dernière, c’est la dégringolade : « Jusque-là, mon cursus était très technique. J’ai réalisé que je n’avais pas de style propre comparé à d’autres étudiants qui avaient déjà une patte très développée. C’était très frustrant de ne pas réussir à m’exprimer et de subir les influences des artistes que j’admirais et que je copiais sans le vouloir. » S’en suit, à sa sortie de la faculté, une période de chômage tout aussi difficile à appréhender pour cet hyperactif. Quand il n’est pas occupé à repérer des offres d’emplois ou à y candidater, Julio culpabilise de se faire plaisir en se promenant en ville ou en buvant entre amis : « C’était la meilleure manière de ne pas être inspiré du tout. », résume-t-il en rigolant.

Aujourd’hui designer pour une entreprise fabriquant des enseignes murales sur bâches tendues, Julio respire… Et Aqua de Julito vibre. En trouvant sa place professionnelle, le jeune homme a aussi trouvé son identité artistique : « Cette année, j’ai vraiment le sentiment que tout s’est aligné, que j’ai trouvé ma place, mon rythme et donc mon style… C’est vraiment excitant. » Parlons de son style, justement… Si le style de Julio peut sembler abstrait, peut-être par pudeur, il n’en résulte pas moins d’une réflexion très concrète : « Mes dessins sont formés d’une accumulation de ressentis, de choses que j’ai vu dans la vie. »

Directement influencé par le travail de Basquiat sur les couleurs mais aussi celui de Kandinsky sur les formes, le travail de Julio est vivant, fluide et mouvant à l’image des aquarelles qui font glisser ses feuilles de papier : « L’aquarelle, c’est la liberté. » Julio tient à cette notion de liberté au point de ne pas nommer ses œuvres, préférant que les gens s’y perdent… « Pas besoin de grandes références en art pour comprendre mon travail. Je pense qu’il suffit d’être dans d’empathie, de vouloir saisir la personne derrière la feuille… » Pour saisir Julio voire repartir avec lui (ses œuvres seront en vente à petits prix), rendez-vous à la librairie Ex Libro entre le 31 juillet et le 4 septembre.

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