En prenant le train l’autre jour, j’ai rencontré Fernando Morales-de la Cruz ; un journaliste strasbourgeois avec un grand projet en marche pour lutter contre la pauvreté dans le monde. Il m’a expliqué son idée et je me suis dit qu’il fallait que je vous en parle !

Son idée ? Le café !
Yes, le café, c’est tout idiot. Mais voilà, tout le monde en consomme et figurez vous que bientôt, nous aurons le choix boire notre petit espresso quotidien de manière solidaire : plus responsable pour l’environnement et  plus responsable pour l’Homme.
Je vous explique.

En Europe, nous buvons plus de 700 millions de tasses de café importées par jour.
Mais savons nous vraiment quels sont les impacts de cette consommation ? Comme vous, je ne m’étais jamais trop posé la question avant.

Le chiffre clé pour y répondre : 1 centime.

C’est la somme qui est reversée aux producteurs de café pour chaque capsule vendue. Pour Fernando Morales-de la Cruz, c’est de l’esclavagisme moderne.

Dans certains pays, la production de café est pourtant la meilleure opportunité de travail (/de survie) de la population. Sans surprise, il s’agit de pays en voie de développement. Les conditions de vie dans ces régions sont au final très liées au fonctionnement de l’industrie du café.
En fait, même si cette activité laisse les cultivateurs dans des conditions de vie précaire ou même les abandonne à la famine, ils en ont besoin.

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Il est aussi important de comprendre l’écart énorme entre les profits réalisés par les multinationales qui gèrent la vente et l’extrême pauvreté des cultivateurs au bas de la chaîne.
En effet, l’industrie du café est en plein essor. Elle rapporte 175 milliards de dollars; des dizaines de milliards de valeur ajoutée, mais aussi de taxes, et tous ces profits reviennent à l’Europe et aux autres pays du G7.

Parallèlement, 26 millions de cultivateurs souffrent de pauvreté et au delà de ces 26 millions ; leurs familles qui dépendent de leurs revenus. Indirectement, 250 millions de personnes à travers le monde dépendent de l’argent reversé aux cultivateurs de café pour survivre.

Pour répondre à ce problème, Fernando Morales-de la Cruz a fondé « Café for Change », une institution mais également une entreprise qui se fixe un objectif humain :

Faire passer de un centime à dix centimes la somme payée aux producteurs par capsule de café vendue.

Pour lui, le problème dont souffrent beaucoup de cultivateurs de café en situation d’extrême pauvreté est que « leur café a été acheté à des prix complètement injustes qui ne considéraient pas le prix de production ».

Là, on peut se demander : et le commerce équitable alors ?

Ce à quoi il répond que ce qu’on appelle commerce « équitable » ne l’est pas réellement car « il n’a pas de relation avec la valeur de consommation du produit. Quand on achète un café, un cent environ combat la pauvreté et c’est insignifiant. ».
Là où Café for Change se différencie du commerce équitable, c’est qu’il s’agit d’un modèle de valeur partagée. Leur but est que non seulement eux, mais aussi et surtout les grosses entreprises, fassent revenir 10 centimes par capsule de café aux producteurs.


Plus précisément, ce qu’ils font ce sont des capsules compatibles avec la plupart des machines présentes sur le marché (nespresso, etc) qui sont biodégradables,  compostables et qui incluent une part de 10 centimes pour les cultivateurs.
Leurs capsules auront la même qualité et le même prix que celles de Nespresso par exemple. Elles apportent à cela un respect de l’environnement et un respect des personnes qui les produisent. Au final, ce n’est pas compliqué du tout de pratiquer ces prix, il suffit à n’importe quelle entreprise de ne pas prendre une marge démesurée sur le produit.


Début de la vente pour Café for Change : septembre 2015.

La vente se fera en ligne sur un site traduit en six langues qui livrera vingt pays différents.


Leur initiative s’appelle 10 cents per cup et toutes les entreprises sont invitées à y prendre part, notamment celles qui sont en lien direct avec le client, comme Starbucks et MacDonald.

Si vous demandez à Fernando Morales-de la Cruz sur quoi il compte pour faire décoller son projet, il vous répondra simplement qu’il croit que la plupart des consommateurs vont préférer ne pas exploiter les cultivateurs.

Vous voulez participer au mouvement pour combattre l’injustice ?
Vous pouvez rejoindre l’équipe Café for Change pour travailler avec d’autres personnes qui veulent changer le monde. Vous pouvez aussi aller faire un tour sur leur site internet et leur envoyer un petit message. Et bien sûr vous pourrez leur commander leurs capsules dès que la vente commencera.

Articles pour approfondir :

The Gardian : http://bit.ly/1b9Mjrw

Huffington post : http://huff.to/1AAA17F

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Pauline
Curieuse, touche-à-tout et fan de musique punk.

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