Il fait froid cette semaine, très froid. Un peu comme à Logres, sauf qu’à Logres on dit que c’est vivifiant. Deus minimi placet, seuls les dieux décident. Il n’en reste que si vous aviez prévu quelque chose pour l’anniversaire de grand-père Goustan, vous pouvez annuler.

L’année dernière, l’université de Genève avait mis en place un cycle de cours proposant de décrypter la série Kaamelott à la lumière de véritables faits historiques (lien d’inscription pour l’année universitaire 2019 ici : INSCCCCRRRIIPPPTTTIIIIOOONNNNSSSS). Mais bon Genève c’est à mille bornes et en plus il n’y a pas de routes pavées en Allemagne. Alors pour combler la bande de pécores que nous sommes, l’Unistra a eu la très bonne idée, l’excellente idée, la MAGISTRALE IDEE de faire venir Kaamelott à Strasbourg !

Je vous explique, y’en a pour deux secondes. En fait, l’association Media Droit de la fac de droit, a lancé en 2013 des soirées d’études « Droit & Fiction » qui visent à illustrer les grands concepts juridiques par des exemples tirés d’œuvres de fiction, le tout avec le soutien d’enseignants-chercheurs de l’Unité Mixte de Recherche 7354 DRES (Droit, Religion, Entreprise et Société) et d’autres universités. Dans le passé, on avait eu droit à une soirée autour du Seigneur des Anneaux, une autre sur Star Wars ou encore d’autres sur les super héros. ET SBRAM ! SALSIFIS !!! Cette année, l’association nous gratifie d’un phénoménal « Kaamelott, la légende juridique », un titre à en faire pâlir le père Blaise.

Alors certes, une table ronde c’est pas une fête de l’artisanat, mais pour celle-ci, une dizaine d’enseignants en droit traiteront de sujet tels que la notion de justice dans Kaamelott, les relations sociales au royaume de Logres, le droit magique et droit canonique, ou encore l’encadrement juridique des relations conjugales et sexuelle. Victoriae mundis et mundis lacrima. Bon, ça ne veut absolument rien dire, mais je trouve que c’est assez dans le ton.

Ainsi, quand Arthur gueule « Décarre tes troupes de chez moi ou j’crame ton pays », Thomas Onillon de l’université d’Angers y voit l’occasion de s’intéresser à la guerre et le jus in bello ; le fameux cri de ralliement de Perceval « PAYS DE GALLES INDÉPENDANT ! », est un prétexte pour Mehdi Mezaguer (université Nice Sophia Antipolis) d’interroger l’union des royaumes de Bretagne ; ou alors quand Gauvin interroge « Seigneur Bohort, pouvons-nous nous retirer afin d’aller prendre notre goûter ? », c’est simplement pour dire aux connards d’aller faire griller leurs porcelets pour la pause.

Et donc quand on vous annonce ça on a quatorze solutions possibles. Soit on y va, soit on passe, soit on y va à reculons, soit on recalcule l’heure, soit on compte le nombre de personnes de la salle, soit on divise par six, soit on jette les personnes de moins de quinze pouces pour faire plus de place (ça c’est quand il y a trop de monde), soit on se couche, soit on y va et on ferme sa gueule. Et après il y a les appels…

L’appel de la culture, l’appel de l’ouverture, ou encore l’appel de la nature juridique d’un document coincé sous le pied d’une étagère. Le code c’est « le code », mais avouez que l’idée d’appliquer nos conventions terrestres et bien réelles à des œuvres de fictions ça a de la gueule ! Pour les fans non juristes, l’occasion sera de redécouvrir Kaamelott sous un angle plus pratique et peut être qui sait, de créer quelques vocations. Pour le grouillot standard qui n’y connait rien (HERETIQUE AU BUCHER !), vous y découvrirez une série dont des millions de personnes attendent la sortie du septième livre. Pour notre plus grande infortuité, on pourrait presque regretter l’absence d’Alexandre Astier de cette soirée ; curieux de tout (voir son dernier spectacle L’Exoconférence), le thème ne serait pas pour lui déplaire.

Et là, normalement, il me faut une citation latine, mais pfff… j’en ai marre ! C’était ça ou chante sloubi.


Kaamelott, la légende juridique

Vendredi 9 février – 17h – Salle Pasteur (Palais Universitaire)

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