C’est à pas de loup qu’il y a quelques années s’est installé, tout près de Strasbourg, un festival qui aujourd’hui ne passe plus inaperçu. Suivez-nous dans la découverte des coulisses de la création du Wolfi Jazz, qui appartient aux festivals labellisés « Réseau SPEDIDAM ». En prenant place dans un lieu marqué par l’histoire de la région, ce festival vous donnera envie de venir vous réfugier dans ce petit cocon de nature à vingt minutes de vélo du centre-ville.

Au fur et à mesure des éditions le festival s’est agrandi, avec une programmation toujours plus éclectique. Du jazz au blues, en passant par la funk et la soul, des artistes connus des plus initiés, aux stars mondiales s’y produisent. Pourquoi voir petit quand on peut faire grand ? Cet été à Wolfisheim, ce sont des artistes comme Keziah Jones, Deluxe ou Calypso Rose qui seront vos voisins d’une nuit…

UN LONG SOMMEIL

Il était une fois, un fort abandonné où les herbes sauvages faisaient la loi. C’est l’histoire d’un lieu qui s’était assoupi, en attendant ce doux baiser qui viendrait le tirer de son long sommeil…

Son histoire commence au début des années 1870, au moment où les autorités allemandes restaurent la ceinture des forts qui entoure Strasbourg. Au total, ce sont quatorze forts qui sécurisent la ville. Le Fort « Bismarck », situé à Wolfisheim, devient, au tournant de la Première Guerre Mondiale, le Fort « Kléber ». Sa particularité est qu’il a été le seul de la ceinture à avoir été occupé par l’armée française jusqu’en 1996.

En 1998, il est racheté par la commune pour un euro symbolique. Pendant plusieurs années, il est fermé au public et ses salles, aux murs épais, parfaitement insonorisés, en font un lieu privilégié des activités artistiques (chanteurs d’opéra, peintres et comédiens s’y exercent) et sportives (club d’aïkido).

Il faudra attendre 2008 pour que ce lieu historique suscite une vive attention de la commune, qui décide d’en faire quelque chose d’unique. Ni une ni deux, la mairie subventionne sa réhabilitation. L’idée est lancée : on veut en faire un lieu privilégié pour se retrouver en famille. Deux années passent, 700 arbres sont abattus, parcs de jeux et parcours de santé sont aménagés.

À la fin du mois de juin 2010, la mairie organise l’inauguration officielle du fort. Sur trois jours, un seul mot d’ordre : la convivialité ! Du vendredi au dimanche défilent petits et grands, et l’ambiance est au rendez-vous. Réuni sur un air de jazz manouche et cubain, chacun s’y plait. Entre jeux de piste et découverte d’instruments de musique pour les uns, buvette et pic-nic pour les autres, le ton est lancé. Qu’il est bon de voir la foule s’agiter, danser et rire dans ce lieu si longtemps oublié.

L’APPEL DU LOUP

L’inauguration fut une telle réussite que l’équipe municipale en reste sans voix : « il y a quelque chose à faire ! ». Aussitôt l’inauguration clôturée, l’idée de créer un festival les titille. Et d’un petit week-end festif, va naitre une grande idée.

PENDANT CE TEMPS, À 493 KM DE LÀ

À Paris, la SPEDIDAM, société de perception et de distribution des droits des artistes-interprètes, crée le label « Réseau SPEDIDAM » qui produit exclusivement des festivals. Créé à l’initiative de Pierrick Aunillon et de Nicolas Folmer, grand trompettiste et compositeur, la société a pour objectif d’accompagner, donner un coup de pouce aux festivals, afin qu’un jour ils puissent voler de leurs propres ailes.

COUP DE FOUDRE À WOLFISHEIM

Le « réseau SPEDIDAM » a eu vent du désir de la mairie d’organiser un festival. À l’automne, quelques mois à peine après l’inauguration du fort, l’équipe municipale et le « Réseau SPEDIDAM » se rencontrent. Le même désir les anime : développer un festival dans la région. En plein dans le mille ! Toutes les conditions sont réunies : une mairie avec de l’ambition, un lieu atypique et une équipe motivée sur place.

Le « Réseau SPEDIDAM » en est à ses débuts et pour cause, WolfiJazz sera le deuxième festival du réseau (sur treize partout en France aujourd’hui). À peine un an après les premières bières et notes de musiques dans le fort, le festival voit le jour. Comme un symbole, il commencera à la même date que l’inauguration du lieu réhabilité.

5…4…3…2…1…PARTEZ !

En s’alliant au « Réseau SPEDIDAM », le Wolfi Jazz promet au public un festival de qualité. Aussi bien dans la programmation que dans l’accueil des festivaliers, tout est digne d’un grand festival dès la première édition. Pourtant, le festival réussit à garder une identité ancrée dans le village, dont la grande majorité des bénévoles est issus.

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FINANCEMENT & LOGISTIQUE

Vous vous en doutez, une énorme partie du travail se fait en amont. Avant même de dresser le chapiteau, il faut affiner l’organisation. Et lorsque l’on prépare un festival pour le début de l’été, c’est dès le mois de janvier que l’on se relève les manches !

La première chose à faire est d’évaluer le coût du festival. Pour vous en donner un aperçu, celui-ci comprend aussi bien l’accueil sur places des artistes, leur cachet, mais aussi la main d’oeuvre technique, le chapiteau, l’électricité, sans parler de la communication. C’est tout un éventail de métiers qui travaillent en concert : programmateur, acousticien, ingénieur du son, régisseur lumière, graphiste, chauffeur, cuisinier, et bien plus encore.

S’en suivent quelques détails administratifs à régler pour fignoler le projet :
obtenir une autorisation de débit de boisson ;
souscrire une police d’assurance et sécuriser les lieux.

Une fois le dossier solidement ficelé, commence la chasse aux financements. Cette recherche est faite par le « Réseau SPEDIDAM », toujours en contact avec la mairie de Wolfisheim. Tout n’est pas géré depuis Paris. Et en appuyant le dossier du festival ensemble, ils conservent cet aspect local, qui leur tient tant à coeur.

Deux sources financières sont possibles :
les partenaires privés : mécénat et sponsoring (une trentaine de sponsors aujourd’hui) ;
♪ les partenaires publics : subventions et dons (commune, Eurométropole, Conseil départemental, Région Alsace, etc.).

Dans le cadre de notre festival, une aide supplémentaire, et non des moindres, prend part au projet. Il s’agit de la contribution du « Réseau SPEDIDAM », qui s’élève de 50 000 à 100 000 euros. Une aide qui n’est néanmoins pas obligatoire si l’idée vous venait de monter votre propre festival ! Cette somme est cependant dégressive d’année en année, le but étant qu’un jour le festival génère assez de bénéfice pour s’auto-gérer, pour que le loup danse un jour en solo !

Le projet est lancé et les équipes parisiennes et wolfisheimoises sont briefées. De janvier à juin, les semaines sont parsemées de réunions pour faire le point. Tous s’activent derrière leur bureau. Malgré la distance qui les sépare, les esprits sont connectés et la phase de communication peut commencer.

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COMMUNICATION

Si l’on cherche à traduire littéralement le nom du village de Wolfisheim, on obtient « la tanière du loup », le symbole même du festival qui prendra le nom de Wolfi Jazz. Celui-ci s’est imposé naturellement. Et tout comme la musique Jazz à ses début, le loup, dans l’imaginaire collectif, n’a pas bonne réputation. Mais ce loup là, n’est pas qu’un loubard…

Son graphisme et le design des affiches jouent un rôle essentiel dans la communication du festival. La conception du visuel est chapeautée par le « Réseau SPEDIDAM ». On nous explique que l’équipe en charge de cette mission tourne tous les trois ans. Un roulement qui permet au loup de changer d’apparence et, nous allons le voir, faire tomber le masque !

Les premières années, le loup, en bon jazzman, revêt son plus beau costume pour l’occasion. Costard noir et cravate, désinvolte mais non sans classe ! À travers cette image jazzy d’un loup qui hurle à l’approche de la pleine lune, c’est toute l’identité du festival qui se met en place. Il alerte de sa présence aux alentours et appelle à le rejoindre.

À partir de 2015, le loup gagne en prestance et en originalité. Présenté cette fois de face, il dévoile son côté sensible, dans une allure plus douce et enfantine, qui en attendrira plus d’un. L’année suivante est celle de son affirmation. Le loup se défait de son apparence humaine, laisse le costume au placard, et devient animal. Fière et confiant tel un chef indien, il est pour la première fois montré à l’état de bête. Il n’a plus besoin d’artifices, il s’est fait sa place !

Il y a un changement radical dans son évolution pour l’édition 2017, avec, vous l’avez vu, un loup des plus mystérieux, avançant au clair de lune, telle une silhouette dans la pénombre.

Le design de l’affiche est ensuite détourné sous forme de flyers, de bannière Facebook ou encore en goodies (tote bag, T-shirt etc.). C’est l’occasion également de faire la publicité des sponsors en les intégrants en bas de page.

Malgré sa splendeur, la beauté du loup ne suffit pas a elle seule. Il faut user des moyens classiques de diffusion. Car plus la promotion sera grande et plus le festival gagnera en visibilité et donc en visiteurs. Vous l’aurez sans doute remarqué, les affiches arrivent en meutes dans les villes alsaciennes. Depuis les deux dernières éditions, on les retrouve notamment placardées dans les gares.

Dans le milieu du jazz sa notoriété ne cesse de croitre et notre petit festival local commence bel est bien à se faire un nom ! À l’approche de l’événement de nombreuses radios locales en parlent. C’est le cas de France Bleu, Fip, Virgin, RFM et Top Music. Mais aussi ailleurs en France : sur la radio lyonnaise Jazz Radio ou la parisienne TSF Jazz. WolfiJazz fait aussi son apparition dans les magazines : Magazine « Hors norme », Jazz Mag, Jazz News.

En s’insérant de plus en plus dans différents médias, le loup gagne du territoire. Son envergure dépasse maintenant les frontières et des dépliants du festival sont imprimés en version allemande. L’an dernier, 500 de ces exemplaires ont été distribués outre-rhin (à titre de comparaison, on en compte 50 000 du côté français). Un bon début !

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BÉNÉVOLES

La distribution de tracts est d’ailleurs une des tâches qui est imputée aux bénévoles avant le lancement du festival. Et oui, nous n’en n’avions pas encore parlé, mais leur participation est indispensable au bon déroulement de l’évènement. Issus de l’équipe municipale et membres d’associations de Wolfisheim, tous rejoignent l’aventure. Ainsi, dès la première édition ce sont cinquante paires de mains qui s’attellent à la tâche ! Bien que leur organisation se soit rôdée petit à petit, aujourd’hui l’équipe s’est structurée. Et, en vous baladant sur le site vous croiserez une centaine de bénévoles.

Leur organisation se fait autour de « postes principaux » où sont nommés des responsables. Chacun d’eux est entouré de son équipe de louveteaux. Il y a un responsable des bénévoles, un de la partie restauration (cuisinier de métier), un à l’espace VIP et enfin un responsable de l’approvisionnement de la buvette. Il existe aussi une équipe de chauffeurs qui, eux, travaillent sous les instructions du « Réseau SPEDIDAM ».

Tous ensemble, ils vont tout mettre en œuvre pour que durant sur ces cinq jours joie, danse, musique et convivialité soient au rendez-vous !

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AMÉNAGEMENT DES LIEUX

Et alors que d’années en années le loup fait peau neuve, l’aménagement des lieux, lui aussi, se peau-fine (peaufine). Au commencement du festival, un chapiteau recouvrait une scène unique et investissait les douves du fort, accueillant 700 festivaliers. La durée du festival reproduisait le week-end d’inauguration du fort en s’étalant sur trois jours.

La fin de la première édition sonne et très vite on se rend compte que la capacité des douves est limitée. Il faut trouver une alternative qui permettrait d’accueillir un plus grand nombre de curieux. Ainsi, dès la deuxième édition du Wolfi Jazz, tout se bouscule ! L’équipe se creuse les méninges, repense l’espace afin que le festival gagne en potentiel. Dès lors, le festival durera une journée supplémentaire. La scène de l’esplanade voit le jour quelques mètres plus haut, permettant d’ accueillir jusqu’à 1200 spectateurs.

Les douves sont désormais destinées à une scène plus petite, offrant des concerts gratuits en journée ainsi que de nombreuses activités pour les enfants. Cette réorganisation permet ainsi l’émergence du « Village des ptits loups » : l’ambiance familial des débuts ne quittera jamais l’esprit du festival. Et d’ailleurs, pour les moins de douze ans, le festival est gratuit.

Vous pouvez vous allonger sur un transat ou vous attabler avec bières et tartes flambées tout en écoutant de la musique. Bref, plaisir garanti !

Ce n’est qu’en début de soirée que les festivaliers pourront se diriger vers le chapiteau et la scène payante. Les premiers arrivés pourront profiter de l’espace alentour, des buvettes et de la restauration, avant que le gros des festivités ne commence et que les premiers artistes montent sur scène.

Pour cette 7ème édition ce sont cinq jours de festival qui vous attendent ! Et on nous dit dans l’oreillette qu’une nouvelle scène ferait son apparition et qu’il y aurait encore plus de concerts…

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RETROSPECTIVE & PROGRAMMATION

Si vous n’étiez pas présents les années précédentes voici un petit aperçu des merveilles que vous avez manqué…

 Edition 2011 : Manu Katché (parrain la première année), Goran Bregovic, Thomas Enhco…
Edition 2012 : Al Jarreau, Richard Bona, MacCoy Tyner…
Edition 2013 : Ibrahim Maalouf, Marcus Miller, Hugh Coltman…
♪ Edition 2014 : Lucky Peterson, Ben l’Oncle Soul, Sandra Nkake, Agathe Iracema…
Edition 2015 : Gregory Porter, Kenny Garrett, Earth Wind & Fire, Dee Dee Bridgewater…
Edition 2016 : Selah Sue, Archie Sheep, St Germain, Hindi Zahra, Blick Bassy…

Bien que dès le début du festival de grands artistes ont fait le déplacement, l’évolution du lieu et la programmation sont intimement liées. Rapidement le nombre d’artistes présents s’est accru, tout comme leur renommée.

Le « Réseau SPEDIDAM » souhaite promouvoir la qualité artistique à travers un festival professionnel. Néanmoins l’événement doit rester accessible à tous, et, on y privilégie une politique tarifaire abordable. De plus, les scènes gratuites sont l’essence même du festival : ce rendez-vous annuel est fait pour séduire tous les publics. Les scènes gratuites permettent également de promouvoir de jeunes artistes. Certains artistes, comme Agathe Iracema, ont commencé à jouer sur la scène des douves et se sont retrouvés l’année suivante sous le chapiteau !

Cette année la programmation de Wolfi Jazz a été repoussée d’une semaine, pour correspondre aux vacances scolaires. Un changement qui facilite la programmation car le Wolfi Jazz précède de peu le prestigieux festival Jazz à Vienne. Tout deux ont d’ailleurs trois artistes en commun cette année, à savoir Keziah Jones, Jamie Cullum et Deluxe ! Ce qui prouve une fois de plus la qualité du festival et son ambition de jouer dans la cour des grands.

La présence d’artistes comme Selah Sue et St Germain l’an passé a attiré un public plus jeune et plus divers. Cette année avec des groupes comme Deluxe, l’objectif est le même.

PARTEZ !!!
Attention attention !

Nous vous avons fait une petite sélection des artistes présents cette année.

POPA CHUBBY ♪

 

DELUXE ♪

 

CALYPSO ROSE ♪

 

KEZIAH JONES ♪

 

JAMIE CULLUM ♪

 

Retrouvez toute la programmation ici !


Et pour gagner des pass, on fait comment ?

Le festival durant 5 jours, on vous propose de gagner 1 pass par soirée, pour vous et la personne de votre choix ! Pour ça, il vous suffit de :

  • Liker la page Facebook de Wolfi Jazz
  • Liker et partager la publication de cet article sur votre Facebook (en public) ✔
  • Préciser la date de la soirée qui vous motive le plus dans un commentaire !

Après ça, il suffira d’attendre que l’on annonce les gagnants le lundi 26 juin !


Photographies : Rémy Assas
Article rédigé à quatre mains avec Mélusine Lepoittevin 

8 COMMENTAIRES

  1. Merci pokaa pour cet article (quelques fautes de frappes, notamment sur le nom d’artistes ;)) et ce concours,
    Je tente ma chance pour le 30 juin, anniversaire en plus de mon conjoint !?

  2. Merci pour ce bel article et nous faire découvrir ces artistes au top! Je tente ma chance pour le 29 juin pour voir calypso rose! Merci beaucoup

  3. Bel rétrospective, toujours au top chez Pokaa !
    Qui ne tente rien n’a rien, alors pour moi ce serai la soirée du 30 juin, ça fait un bail que j’aimerai voir keziah Jones mais n’oublions pas nos autres artistes jazz !
    Merci !

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