Le samedi 9 décembre, alors que le Marché de Noël de Strasbourg faisait le plein, le Bastion social, un mouvement fortement lié à l’extrême-droite radicale, ouvrait l’Arcadia, un bar identitaire, dans le quartier de l’Observatoire… Ce groupuscule dans lequel vient de s’auto-dissoudre le GUD d’Alsace, l’organisation étudiante nationaliste réputée pour ses actions violentes à caractère raciste, veut faire de ce local associatif un lieu d’échange sûr pour les personnes qui partagent les mêmes sensibilités, résumées en un slogan : « Les nôtres avant les autres ».

Les habitants de la rue Vauban sont bien embarrassés, et pour cause : au numéro 29 vient d’ouvrir le local du Bastion social… Ce mouvement fortement lié à l’extrême-droite radicale s’est fait connaître au mois de mai, lorsque des militants identitaires ont occupé des locaux vides dans le centre de Lyon pour y héberger des personnes sans domicile fixe triées sur la base de leur origine ou de leur nationalité. Le squat illégal inspiré par le groupe néofasciste Casapound, qui s’empare d’immeubles vides de Rome pour y loger exclusivement les sans-abris italiens depuis 2003, avait été expulsé sous deux semaines ; un temps suffisant pour susciter des vocations parmi la dizaine de strasbourgeois qui avaient fait le déplacement.

Photo : Page Facebook de l’Arcadia

Vraisemblablement inspirés, ces alsaciens identitaires ralliés par les membres nationalistes du GUD local, le mouvement étudiant d’extrême-droite connu pour des faits de violence en réunion, ont ouvert un local sous la bannière Bastion social dans le chef-lieu du Bas-Rhin…  Inauguré le samedi 9 décembre, l’Arcadia se veut un lieu d’échange sûr pour les adhérents de l’association néofasciste qui compterait une vingtaine de membres âgés de 20 à 35 ans. Cette fois-ci, il n’est pas question d’expulsion comme à Lyon, puisque l’association possède un bail de location légal, trahissant la volonté du Bastion social de s’implanter durablement en Alsace. Cette fois-ci, il n’est cependant pas non plus question d’héberger des sans-abris français, comme l’a déclaré le porte-parole de l’association, qui dit s’appeler Alexis Volders, au site 20minutes : « On va d’abord commencer par lancer le local. » Dans un laps de temps indéfini, le Bastion social souhaite néanmoins « tendre la main aux Français ». Jeudi soir, des membres impatients ont organisé une première maraude solidaire, destinée aux personnes d’origine française seulement — un procédé généralement appelé soupe identitaire…

Malgré cette couche de vernis pseudo-social, plusieurs associations antifascistes dénoncent les intentions véritables du Bastion social. Peu convaincues par la solidarité à deux vitesses défendues par les militants identitaires, elles alertent sur la fonction de son local, l’Arcadia, « qui va surtout servir de lieu de préparation d’agressions racistes, sexistes, homophobes et à l’encontre d’opposants politiques. » Une crainte renforcée dès le soir de l’ouverture, où un homme d’origine algérienne a été roué de coups par une vingtaine de personnes : les deux hommes qui ont été interpellés sont des membres du Bastion social. Ils ont été condamnés à plusieurs mois de prison par le Tribunal correctionnel.

  • Ce qu’en dit la mairie…

Dans un communiqué de presse daté du 7 décembre, le maire de Strasbourg Roland Ries a souhaité condamner « l’idéologie du rejet » et « la démarche d’exclusion » sous-tendues par le projet du Bastion social qu’il désapprouve ouvertement : « La solidarité n’est pas une valeur compatible avec la discrimination. » Le maire a par ailleurs mis en garde les strasbourgeois, les exhortant de ne pas répondre aux appels à la violence.

Dans un autre communiqué de presse, cette fois daté du 14 décembre, le maire a annoncé le lancement imminent par la collectivité d’un appel à projets doté de 500.000€, destinés à la création d’une centaine de places d’hébergement solidaire — un budget conséquent, que le maire a apparemment débloqué en quelques jours, alors que des réfugiés ont vécu dans des conditions inhumaines durant des mois derrière la gare sans la moindre intervention. Il est tragique de devoir créditer l’ouverture d’un bar identitaire pour cette décision humaine, qui semble davantage répondre à une urgence politique qu’à une crise sociale déjà actuelle depuis plusieurs mois…

5 COMMENTAIRES

  1. blague à part, c’est quand même dans une rue assez excentrée des milieux les plus animés de la ville, donc on peut supposer que peu de monde ira dans ce bar à part les connaisseurs

  2. Blague à part c’est un bar comme un autre ou ceux qui ont les mêmes idées pourront s’exprimer. Jusqu’à preuve du contraire, ils n’ont fait du mal à personne et il n’y pas que les gauchistes qui ont tous les droits…. notamment ceux de brûler du flic… à bon entendeur…

LAISSER UN COMMENTAIRE