C’est une révolution. Ça tient dans votre poche et ça peut tout faire. Ça remplace votre appareil photo, votre ordinateur, votre enregistreur audio, votre annuaire et tellement d’autres choses encore… Les smartphones sont partout, pas besoin d’élaborer plus que ça, vu que vous lisez certainement cet article sur votre mobile (via la toute nouvelle application Pokaa, pour les vrais bien entendu). Au Shadok, la Fabrique du Numérique de la Presqu’île Malraux, on a assisté à une autre utilisation du smartphone : le cinéma.

Vous avez peut-être entendu parler des concours ou des publicités Apple qui se targuent de pouvoir réaliser des court-métrages magnifiques avec son seul Iphone. C’est un peu le concept du Workshop Pocket Films qui avait lieu le 9 et 10 décembre derniers au Shadok. Menés par Laurent Antonczak, professeur à l’université Néozélandaise d’Auckland et co-fondateur du MINA (Mobile Innovation Network AustraliAsia), un petit groupe d’une douzaine de curieux se sont réunis pour une initiation au court-métrage réalisé via smartphone. Dans ce groupe, on trouve de tous les profils et âges: enfants vidéastes en herbe, étudiants en graphisme ou cinéma, journalistes, scénaristes, productrices … de 7 à 77 ans ou presque !

Professeur Laurent Antonczak – Crédit: Martin Lelievre

Le défi ? Tourner et monter un petit film d’une minute uniquement en utilisant son smartphone. Vous avez 5h.

L’atelier se déroulait sur deux jours. Pendant le premier, Professeur Laurent nous apprend les bases du tournage au smartphone et nous fait faire un peu de pratique avec deux exercices. Tout le monde sait appuyer sur REC pour lancer une story Instagram, mais tout le monde ne sait pas BIEN filmer avec son téléphone. Première étape, bien connaître son appareil et le fonctionnement de la lentille et de l’application. Mise au point, grille de 3×3 pour bien cadrer etc…

Ensuite, il faut STA-BI-LI-SER. Oui, tu peux faire genre que c’était intentionnel de donner un look amateur, « cru », « sur le vif » à ta vidéo, mais tout le monde sait que t’as juste tremblé comme un fragile.  Pour bien se débrouiller, la chose la plus évidente mais pas toujours mise en pratique, c’est de trouver un bon support. Poser ses coudes sur la table, poser le téléphone sur le bord de la fenêtre… c’est souvent plus facile que l’on ne pense et ça change indéniablement la qualité de vos rushs. Que vous ayez un support ou non, il faut bien prendre en main son appareil (l’empoigner à une main par exemple, ça permet déjà d’absorber les chocs).

Vous avez une lentille et un micro. L’idée (c’est con hein, mais on le fait tous trop souvent), serait de boucher ni l’un, ni l’autre ! Thanks Captain Obvious. Vous pouvez même diriger la captation de son avec votre main si vous êtes assez doué. Quand vous filmez en marchant, avec un peu d’entrainement, vous pouvez arriver à compenser plus ou moins le mouvement de vos pas en bougeant le téléphone en synchro avec celui-ci. De quoi faire de beaux et longs plans séquences.

Libérer la créativité, démocratiser la vidéo via smartphone

Au fait, on sait que vous avez l’habitude de prendre des selfies et de voir le monde à travers votre écran, mais faites-vous confiance quand vous filmez, votre appareil est plus flexible qu’une grosse caméra et vous pouvez facilement filmer sans regarder votre écran ! Idéal pour un plan en plongée lors d’un concert ou une contre-plongée pour bien prendre votre chien en flagrant délit de machouillage de chausson. Ça changera la perspective de vos prises de vues par rapport à celle des « normies » qui gardent leur écran à la hauteur de leur visage.

Après un bref rappel des règles classiques du cinéma, de la narration (googlez courbe de Freytag si vous voulez perdre foi dans le 7e Art), de la prise de vue etc, nous sommes partis pour deux petits exercices à réaliser en 15-20 minutes. Tout d’abord, écrire son nom de manière originale avec des images. Ensuite, se présenter sans prononcer son nom pendant 30 secondes.

EXEMPLE EN IMAGES

Après quelques conseils supplémentaires, Laurent nous lâche dans la nature (du moins, dans les couloirs du Shadok) pour qu’on puisse enfin s’atteler au tournage d’un court-métrage d’une minute. Une fois de retour, c’est l’heure du montage. Certains connaisseurs ont déjà lancé Adobe Premiere. Les plus courageux (comme Simone, ancienne journaliste au Brésil reconvertie en gemmologue) s’aventurent sur les applications mobiles. Simple et intuitif, elle utilise Flipagram. La découpe n’est pas très précise, mais c’est facile et rapide. Les fans d’Apple sont sur Imovie et d’autres passent par la version mobile d’Adobe Premiere: Adobe Clip. A 15h, tout le monde s’arrête et on regarde les films. Il y a du bon et pas mal de moins bon, mais tout le monde en ressort content d’avoir appris plein de choses.

Je m’étais fixé comme objectif de vous concocter un petit reportage sur l’événement en mode JRI mobile, ce que j’ai n’ai pas eu le temps de finaliser complètement (logistiquement compliqué d’avoir tout les plans et de faire en plus le commentaire et monter une interview, comprends-tu ?), mais voici ce qui en est sorti :

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=mSSvAnOW7r8]

PROMIS LA PROCHAINE FOIS CA SERA MIEUX, BIENTÔT POKAA FERA DU MOJO POUR VOUS, D’AILLEURS ON EN FAIT DÉJÀ SUR INSTA (SUIVEZ NOUS @pokaa.fr)

Tout a été fabriqué sur mon pauvre petit Samsung de A à Z (tournage, montage, publication) en un peu moins de 5 heures le temps de prendre pleins de différents plans et de comprendre comment marchaient les logiciels de montage sur mobile.

Bref, pas de commentaire audio, une musique qui sature, pas plus d’annotations que ça… c’est loin d’être très pro, un truc pas fini quoi, mais pour faire des petites vidéos courtes ou des courts métrages, c’est très pratique.

Autre exemple d’une participante (en rappelant que ce ne sont que des expérimentations spontanées réalisées pendant le workshop dans le but de découvrir ces nouveaux outils et ces nouvelles pratiques audiovisuelles et numériques):

https://flipagram.com/f/1K0R1I7c4J0

Pour en faire quelque chose de pro, que ça soit pour du cinéma, de la communication ou du mojo (mobile journalism), il faut un peu plus de temps et peut-être un peu plus de moyens (accessoires pour une meilleure prise de vue et de son, vrai logiciels de montage/post-prod et ordinateur), mais preuve que l’on peut se passer de grosses caméras !

Voici quelques exemples de trucs très sympa qu’on peut faire avec smartphone (histoire que vous compreniez le potentiel) :

Le film « Détour » du réalisateur Michel Gondry, tourné uniquement avec IPhone:

https://www.youtube.com/watch?v=j3qMZXMPBwg&index=1&list=PLvErNWUbs0PjKv3a2WjUZniSe5tW13R7G

Et pour finir, une rapide interview (toujours tourné au smartphone pour rester dans le thème) de Laurent Antonczack sur le pourquoi du comment de ce Workshop Pocket Films:

https://youtu.be/FWZ9YVSNts0

C’EST LE FUTUR

L’inévitable selfie de fin de workshop

Le Shadok, la fabrique du numérique

Prochain workshop – Date indéfinie

25 Presqu’ile André Malraux, 67100 Strasbourg


 


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