Ils sont trois, fans de visuels et de musique électronique. Ils en avaient marre de voir des concerts sans véritable jeu de lumière, alors ils ont décidé de le faire eux-mêmes. Et ils sont plutôt bien partis pour en faire leur métier.

Ok, à Strasbourg, on a les projections de la Cathédrale, on a AV Exciters et bien d’autres. La scène mapping et vjing se développe. Immersiv Element en sont la preuve vivante. Ces trois jeunes de 23 ans ont décidé de se lancer dans la projection de visuels.

« Notre objectif c’est, dans un premier temps, de pouvoir vivre de notre art. Créer un concept, le pousser, le peaufiner. »

Raphaël Thouret, Elise Larivière et Valentin Alberti, 23ans forment Immersiv Element.

« On s’est retrouvé dans la désorientation scolaire. J’en avais plein le dos de faire des choses qui ne me passionnaient pas. J’avais l’impression de ne pas évoluer.

J’ai arrêté ma licence de design pour me lancer dans Immersiv. On a trouvé le truc qui nous fait vibrer tous les jours. On peut passer 12h par jour sur le projet.« 

En couple avec Raphaël depuis 8 ans, Elise a rencontré Valentin il ya un peu plus d’un an. Ils partagent la même philosophie, les mêmes valeurs. L’institution scolaire, même dans l’art, ras-le-bol. L’impression de se sentir bridé.

 « C’est né d’un rêve. Qu’est-ce qui te ferait le plus rêver ? Qu’est-ce qui serait le plus magique à créer ? »

Pour la soirée Immersiv Element #2, l’équipe a travaillé pendant 2 mois non-stop. En quelques mois, ça s’est concrétisé. Raphaël avait les bases et un peu de matériel. « On s’est lancé au bon moment. Le projet avait maturé. Beaucoup de choses floues se matérialisent quand tu t’y mets vraiment. »

« Valentin, qui habite dans le même rue, vient chez nous à 9h tapantes et on travaille jusqu’au crépuscule. Chacun sur son ordi, les trois sur Cinéma 4D, After Effects… »

Du sur-mesure pour l’événement

Première question quand on arrive sur place : Comment on a envie de dynamiser l’endroit ? Quelles contraintes ? Vient l’idée même de la structure, puis le gabarit. L’équipe cherche quelque chose de synesthésique, où tout se mélange. Ils visent une harmonie entre la musique, la structure et leurs visuels.

Chacun à sa spécialité : Elise dans le design avec des visuels plus figuratifs. Raphaël dans la production de musique et la technique et Valentin dans la communication. Tous les trois sont capables de changer de casquette et ils n’hésitent pas à interchanger leurs rôles. «  À 3 on peut se relayer facilement donc y’a pas de vide au niveau visuel tout le long de la soirée. »

« Pour les visuels, on prend surtout des images de notre propre création. On va avoir des couches de motion, c’est percussif pour rythmer, des couches 3D pour illustrer et enfin une couche d’archives mais ça c’est 5% de ce qu’on diffuse. Pour le mapping, le son a été fait en avance mais on le mix en live avec les couches visuelles qui vont avec. On fait le montage, postprod, du design pour la communication comme la structure… Si j’ai envie de tripper sur une mélodie pendant 1 minute 30, faut que le reste soit calé à la ligne près. Du coup on travaille sur les visuels en amont. Il y’a plus de 120 couches sonores et 120 couches visuelles. »

La soirée monte en puissance.

Niveau musique, le live commence sur quelque chose de très basique, puis plus mélodique pour finir sur quelque chose de plus industriel. Mapping en live de 18 à 20h puis VJing jusqu’à 2h.

Le mapping, c’est encore très méconnu. Projection sur structure, qui s’adapte à la structure et l’habille pour jouer sur les sens et créer des illusions, une perte de repères… L’équipe cherche à donner l’impression que la structure en tant que telle bouge. Même le mot Vjing reste un terme barbare pour beaucoup de monde. C’est plus plat, une « simple » projection. Pas besoin de structure, mais elle est toute de même utilisée comme support. C’est dynamique, et ça s’adapte aussi plus facilement aux différentes musiques passées par les DJs.

« On a l’impression que, par rapport à Amsterdam, Berlin, Montréal …  que la France est vachement en retard. Beaucoup ne percutent pas l’importance et l’impact que ça peut avoir sur une soirée. Ça peut la dynamiser, lui donner une atmosphère, une énergie… Rendre excellente une soirée qui ne serait pas top à la base. »

Auto-entrepreneurs de l’art visuel et sonore

« On voulait travailler en indépendants mais avec un statut. Notre premier concept c’était des soirées en appart. Ils ont demandé à ce qu’on fasse des visuels pour le mur derrière leurs DJs. Puis au Molodoï, la première structure pour la WillyWonkFamily. Aujourd’hui on lance nos soirées, la première était au Studio Saglio le 20 avril. Le 29 juin c’était notre deuxième édition avec un nouveau projet. Bientôt on va en Suisse. On va faire aussi l’inauguration de l’organisme Libre Objet en septembre avec du mapping. »

L’aventure ne fait que commencer pour la fine équipe. Ils apprennent au jour le jour en travaillant sur leurs projets. Pour le Studio Saglio, le pari semble réussi. A voir si cela peut inspirer d’autres bars et clubs à se lancer sur la piste de soirées toujours plus… immersives.

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