Le Shadok c’est un peu l’antre du DIY (do it yourself), de l’innovation, de l’informatique et du futur à Strasbourg. Samedi dernier, s’y déroulait une réunion un peu obscure…

Les coquins qui confondent libristes avec libertins peuvent tout de suite arrêter de lire, quoique, il paraît que les démarches des libristes sont pratique pour surfer en discrétion sur vos sites de cul préférés…Samedi c’était « Décentraliser ses usages numériques », organisé par Alsace Réseau Neutre. Des membres d’autres organismes dans la même mouvance comme le Hackstub, VP-Network ou Seeraiwer (des « pirates » qui font même leur propre bière !) étaient présents.

Se réapproprier internet

On tombe sur une équipe de quelques barbus, des énergumènes très gentils et ouverts, mais contre tout ce qui s’approche de près ou de loin aux GAFAM (google amazon facebook apple microsoft).

Atelier auto hébergement- Crédit: Martin Lelièvre

Interdiction donc de prendre certains en photo. Facebook repère les visages grâce à la reconnaissance faciale « même de dos ». D’ailleurs, les animateurs ont abandonné leurs comptes personnels sur les réseaux sociaux. Ici on préfère Mastodon à Twitter (et Diaspora à Facebook).  La moindre métadonnée est traquée impitoyablement.

Un usage « éthique » du numérique

Au programme : 3 ateliers présentés en introduction. On peut choisir entre nettoyer son navigateur pour surfer en toute sérénité. Faire enfin le pas de passer à GNU/Linux sans se perdre. Ou encore apprendre à se gérer en auto-hébergement c’est-à-dire créer son propre cloud, héberger son propre site web et ses mails par exemple.

On se réparti donc au bon vouloir de chacun dans les différents ateliers. Le plus facile d’accès et celui par lequel on est conseillé de commencer est celui sur le navigateur. C’est le plus populaire. Pourtant les gens présents ont tous l’air de connaître déjà quelques tenants et aboutissants de la problématique en question. Sur les ordinateurs des participants, on note déjà quelques modules de protection des données.

Sticker ARN – Crédit: Martin Lelièvre

Ghostery et Adblock à bannir

Nicolas et Mathieu les deux animateurs de l’atelier proposent des combinaisons magiques. Voici une liste de quelques éléments et modules pour naviguer plus sereinement sur le web.

– Firefox et Qwant pour une navigation et recherche précise, rapide et surtout absente de GAFAM

– UBlock Origin et Decentraleyes pour bloquer la publicité et les données sur les sites que vous visitez (vous l’enlevez pour pokaa.fr bien sûr, on vous fait confiance)

– HTTPS Everywhere et SSleuth pour chiffrer votre navigation et savoir si elle est bien chiffrée

– WebRTC pour empêcher les fuites des informations sur votre adresse IP (attention, ça ne change pas votre adresse IP comme un VPN comme le ferait le célèbre Tor)

– Lightbeam pour visualiser les requêtes et les cookies que vous récupérez lors de votre navigation

Pour les navigateurs, on parle aussi des options Duckduckgo, Startpage (plateforme intermédiaire entre la recherche de votre ordi et google) ou encore le métamoteur de recherche Searx (regroupe la recherche de plusieurs moteurs à la fois).

Vous pouvez aussi naviguer en utilisant uniquement vos favoris, ce qui limite encore un peu plus la possibilité de pistage et profilage par les moteurs de recherche.

La plupart de ces options sont des logiciels libres (code accessible et modifiable), ne font pas de profil et sont gratuits.

Façade du Shadok – Crédit: Martin Lelièvre

« Le numérique c’est une vaste histoire de vases communicants. Le moindre détail joue sur autre chose, tout est important. »

Pour des mails sécurisés, Protonmail par exemple semble une alternative viable et sécurisée au classique Gmail.

Surtout ne jamais enregistrer ses mots de passe sur ses navigateurs ! Il existe des gestionnaires de mots de passe qui peuvent vous permettre de s’y retrouver sans stocker les données de ses mots de passe. Keepass, par exemple, pour rester dans du logiciel libre et gratuit.

Vous pouvez retrouver la plupart des conseils sur le pad de l’association « La Quadrature du Net » ici : https://pad.lqdn.fr/p/decentraliser

Pour les autres ateliers, qui seront sans doute relancés en juillet, ils mettaient en avant La Brique pour l’auto-hébergement. Malgré quelques soucis techniques sur le coup, l’objectif de l’après-midi était d’installer Linux ou son système d’auto-hébergement de A à Z et de repartir avec. Service gratis, on vous apprend l’intérêt de ces démarches et vous ressortez informés et avec une autonomie grandie par rapport au numérique.

Nicolas et Mathieu m’ont expliqué l’enjeu de leurs démarches

« Chacun doit trouver son équilibre entre confort et sécurité. Même nous on a mis de l’eau dans notre vin par rapport à la sécurité et les traces qu’on laisse, y’a des gens qui sont bien plus parano que nous. Le plus important c’est de comprendre POURQUOI on le fait. Manipuler sans savoir ce qui se passe ça n’a aucun intérêt. Le but c’est que les gens fassent leur propre choix pour s’adapter à leur propre vision d’internet et leurs besoins. Mais au moins qu’ils soient au courant.  »

« La prise de conscience c’est un des plus gros problèmes. Beaucoup de gens, surtout les jeunes, sont sur les réseaux sociaux mais ne se rendent pas compte de l’importance de protéger ses données. A 18 ans on est insouciant, on n’a pas de recul. Mais les employeurs regardent ! Des candidats à Harvard ont déjà été virés récemment pour de propos qu’ils ont tenu sur Facebook. Faut être curieux, en allant un peu s’intéresser à de la vulgarisation comme nous on le fait dans nos ateliers ou sur youtube, des conférences de gens très bien comme Benjamin Bayart ou Tristan Nitot. Pour des conseils plus pratiques, regardez du côté des outils que propose Framasoft ou les conseils de La Quadrature du Net, même de Mozilla Firefox !»

C’est une forme de rééducation.

On a déjà des habitudes. On commence à l’école au primaire. Et à l’école on a du Windows, Microsoft. On nous apprend Windows et Internet Explorer au lieu de nous apprendre ce qu’est un système d’exploitation et un navigateur. Ça fait toute la différence. On veut casser ça et montrer qu’il y a des alternatives qui marchent. Ce n’est pas juste un univers de barbu, c’est beaucoup plus accessible qu’il n’y paraît. »

Linux à la place de Windows, c’est simple en 2017. A l’époque fallait faire les fameuses lignes de commandes comme on voit dans les films, ils tapent plein de choses sur le clavier, c’est compliqué… Aujourd’hui c’est presque comme Windows. Tu appuies sur « suivant » en vérifiant un peu et hop terminé. »

« On peut faire de la transition, pas obligé de tout changer d’un coup. Ne surtout pas avoir peur d’essayer, d’expérimenter. Il faut s’éduquer et changer les pratiques. L’important encore une fois c’est de comprendre pourquoi. Comme avec une grosse voiture qui roule très vite, si je ne sais pas rouler, je vais très vite tout droit, mais je me plante au virage. Je préfère quelqu’un de mal équipé mais qui s’informe, plutôt que quelqu’un de bien équipé mais qui fait n’importe quoi. »

Après la célèbre citation d’informaticien: « le problème se situe le plus souvent entre la chaise et le clavier »…

…Personnellement, je rétorquerais : « l’informatique n’est pas une science exacte, parfois ça peut fonctionner ! »

Petit cadeau de vulgarisation issu de youtube sur la sécurité:

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Martin Lelievre
Action -> Rédaction --Insérez citation deep ici--

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