« Vous reconnaissez cet endroit ? Indices : « Game of Thrones », « Interstellar », « La Vie rêvée de Walter Mitty ». Ça y est, vous y êtes ? »

Bienvenue sur l’île de glace la plus prisée du Monde. Lorsque le rêve rencontre la réalité, que les paysages sont tous aussi merveilleux les uns que les autres, il est difficile de ne pas demander à son voisin de nous pincer.

L’Islande, ce pays à la petite superficie de 103 000 km² et aux quelques 334 252 habitants, regorge de surprises à chaque kilomètre parcouru. Le jour où j’ai pris mes billets pour réaliser un de mes plus grands rêves et jusqu’à ce que j’atterrisse à Keflavik, je n’arrivais pas à y croire (pourtant j’avais le temps puisque j’ai pris mes billets 6 mois à l’avance). Ce n’est qu’une fois sur place que l’on se rend compte de la beauté particulière de ce pays et que l’on ressent « ce truc ». Vous savez, la sensation de frissons, celle qui vous met la larme à l’œil sans aucune prétention ? C’est ce que j’ai ressenti lorsque je me suis retrouvée nez à nez face à ma première montagne islandaise.

Aujourd’hui, c’est clairement accessible de voyager en Islande. En s’organisant correctement et en prenant un peu d’avance, vous pouvez trouver des billets au départ de Bâle – Mulhouse à des tarifs plus qu’intéressants (personnellement j’ai payé 170€ aller-retour, mais vous pouvez trouver des billets à 90€ en surveillant les offres en ligne). Ajoutez à cela quatre petites heures de vol et ça y est, vous êtes au paradis et vous pouvez démarrer votre voyage au centre de la Terre. Alors oui, il ne faut pas avoir peur du froid mais je peux vous assurer que ce qui se trouvera devant vous sera si impressionnant que vous oublierez le climat très vite et même en hiver (parole de grande frileuse) !

Des glaciers, des poneys, du vent, des montagnes, des parcs, des cascades, DES AURORES BORÉALES, des puffins (ou « macareux » mais c’est quand même vachement moins sexy) et des volcans : c’est à peu près les premiers mots qui sortent lorsque je dois décrire ce pays rapidement (et encore, je la fais courte). Je dois avouer que je m’étais bien préparée pour ce voyage, tant émotionnellement que techniquement et une chose est sûre, la frontière entre les photos et vidéos qui nous font rêver et la réalité est vraiment infime. Ce pays a pour avantage d’être réellement respecté par ses habitants mais aussi par une grande majorité des touristes ! J’ai voyagé au mois de février, donc il n’y avait pas beaucoup de monde sur les routes (elles pouvaient d’ailleurs être abandonnées durant des heures selon l’endroit, ce qui est assez impressionnant) et relativement peu de visiteurs sur les divers sites. Après discussion avec des locaux, j’ai appris que durant la période estivale le flux était plus important ; il n’empêche que cela reste très agréable d’y voyager bien que le taux de touristes augmente au fil des années.

Alors ça va être compliqué pour moi de tout vous raconter (déjà parce que ça va me déprimer et ensuite parce qu’il faudrait 472 heures à peu près pour tout raconter si on cherche la réelle imprégnation) donc j’ai décidé de faire une petite sélection de mes moments/lieux coups de cœur.

Marcher sur le Vatnajökull

Ok, c’est un peu prétentieux de dire que je me suis baladée sur le plus grand glacier d’Europe. En fait, j’ai marché sur une partie de ce glacier qui s’appelle le Svínafellsjökull (non, n’essayez pas de le prononcer. Vraiment.) et c’est pour moi une des plus belles choses que j’ai vues de toute ma vie. Pour vous aider à situer, c’est le lieu de tournage d’Interstellar (soit la planète de Dr. Mann), de Game of Thrones (derrière le mur) et de nombreux autres courts et longs métrages. Il est donc très fréquent que les randonnées sur ce glacier soient annulées plusieurs mois pour des tournages.

Si vous décidez de partir en hiver, vous pourrez peut-être visiter les caves de glace, si elles ne sont pas inondées. Une beauté de la nature qui ne sera plus visible dans les cinq prochaines années, malheureusement, à cause du réchauffement climatique.


Contempler les icebergs de Jökulsárlón

Juste au sud du glacier dont je parlais plus haut, on peut se promener le long de l’eau et admirer ce qu’était l’habitat naturel des puffins (genre de canard croisé avec un dodo et un manchot, beaucoup trop cute) et des phoques, et pleurer toutes les larmes de son corps en réalisant que ces icebergs n’ont plus que la taille d’un glaçon et ne permettent plus à ces petites bêtes d’y vivre, encore une fois à cause du réchauffement climatique. Ces icebergs sont d’ailleurs des restes de glaciers fondus. Les locaux nous disaient, à mon ami et moi, que cette année 2017 ils avaient connu l’hiver le plus chaud du siècle. D’après mes souvenirs, il faisait entre 0°C et 6°C selon les régions. Conclusion, je ne sais pas ce qui est pire entre ces températures anormales pour un pays comme l’Islande ou qu’on se les gèle beaucoup plus ici, à Strasbourg, pendant la même période. #Onsaitpluscommentshabillergal


Admirer des cascades scandaleusement impressionnantes

  • Seljalandsfoss, ou la cascade dont la chute fait 65m de haut et où il est possible de faire un tour complet en passant derrière elle. Juste fabuleux (et humide, pour le coup).
  • Gullfoss, la fameuse succession de deux chutes qui s’entremêlent et nous offrent un beau spectacle très puissant.
  • La cascade de Svartifoss, au cœur du parc national de Skaftafell. Formée d’orgues basaltiques, cette cascade est assez unique car elle est entourée d’un environnement paradisiaque. Toutes les couleurs de la nature sont réunies et les contrastes sont superbes !

Toutes situées dans des endroits différents du pays, si vous décidez de les faire, vous vous lancez dans un voyage bien complet (et c’est ce qu’il faut faire quand vous partez en Islande, profiter de l’environnement autant que vous le pourrez).


Le meilleur pour la fin : vibrer à la vue des aurores boréales

La chasse aux aurores boréales est lancée dès qu’on pose le pied sur la terre islandaise. Mais pour les admirer, plusieurs conditions doivent être réunies :

  • Être dans un endroit loin de la pollution lumineuse (lumière de la ville), à la campagne et non en ville.
  • Ne pas être touché par la lumière de la lune, celle-ci pouvant absorber la lumière émise par les aurores boréales.
  • Avoir un temps parfait, donc un ciel totalement dégagé.

Mais voilà. On était en Islande. La seule chose à vraiment surveiller, c’est la météo avec la présence de nuages ainsi que l’indice KP (permettant de suivre et de mesurer l’activité aurorale en temps réel). Parce que la pollution lumineuse est assez inexistante, sachant que même sous 12 lampadaires, quand on levait la tête à partir de 21h on pouvait admirer un planétarium assez spectaculaire. Néanmoins ! Nous avions fait quelques rencontres dans les auberges de jeunesses, tout le monde s’accordait pour dire qu’il n’y avait pas moyen d’en voir. On surveillait les indices et la météo tous les jours, on repérait des lieux d’observation intéressants et on se déplaçait, mais rien n’y faisait, pourtant toutes les conditions étaient réunies.

Arrive l’avant-dernier jour où on ne savait pas à l’avance où dormir. En cherchant, on tombe sur la page d’une petite auberge qui s’apparentait plus à une maison d’hôtes, située à Selfoss. La femme nous accueille et nous demande d’amblé si on avait pu voir des aurores boréales. On lui explique que c’est l’une de nos dernières nuits ici, qu’on est triste, qu’on ne s’en remettra jamais, que nous avons perdu goût à la vie… BREF. Elle nous donne le tuyau du siècle : « sur une plage abandonnée – non. – vous trouverez un vieux restaurant, à 10 minutes d’ici en voiture. L’indice est élevé ce soir, alors allez-y ! ». Ni une, ni deux, on prend nos affaires et on trace notre route vers ce restaurant.

Première surprise : un ciel magnifique comme je n’en verrai probablement plus jamais ! A peine le temps d’installer trépieds, appareils photos et de se munir de mini-bouillottes, les timides aurores ont explosé sous nos yeux. Et là. Je peux vous dire qu’on en ressent des choses quand on assiste à un spectacle de ce type. Nous sommes restés bloqués, la bouche ouverte et tout tremblants pendant 2 minutes complètes, jusqu’à ce qu’on réalise ce qui était en train de nous arriver. Frissons, larmes, cerveaux off : deux enfants gagas devant un spectacle que nous offrait la nature.

Les aurores boréales, quant à elles, sont reparties aussi vite qu’elles sont arrivées. Mais quelques minutes plus tard, elles sont revenues avec des renforts, nous ont entourés d’un halo vert et nous ont permis d’immortaliser ce beau moment.
De la chance. C’est la seule explication rationnelle que j’ai pu donner après réflexion. Nous sommes restés une semaine en Islande, au sud du pays principalement, ce jour-là nous logions dans une vraie ville assez lumineuse : seule la chance pouvait être à l’origine de ce phénomène.


Je sèche mes larmes pleines de nostalgie et je reprends avec quelques tips pour conclure :

  • Si vous voulez voir des aurores boréales, préférez l’automne ou l’hiver à l’été, entre septembre et mars, donc.
  • Louez un 4×4 sur place si vous y allez en été et que vous décidez de faire du Trek (l’intérieur du pays est fermé en hiver) mais une petite voiture citadine suffit amplement en hiver, à condition que vous n’ayez pas peur des rafales de vent à 170 km/h qui commencent dans le nord-ouest.
  • Equipez-vous chez Décathlon si votre budget est faible ! Ils ont tout ce dont vous aurez besoin et la qualité est irréprochable.
  • Préférez des vêtements imperméables aux vêtements chauds. En Islande, il ne fait pas froid, il pleut et il vente (et c’est bien pire).
  • Pour les petits budgets, prenez des nuits en auberge de jeunesse. Elles étaient toutes très bien, propres, avec un personnel accueillant et bien équipées. Comptez en moyenne 20€ la nuit par personne.
  • Si vous avez les moyens, visitez soit les caves de glace, soit un glacier. Ils auront disparu dans quelques années, alors profitez de ce que la nature a à vous offrir !
  • Surtout, ne dites jamais à un islandais que son poney est mignon. Ce sont des CHEVAUX (n’oubliez pas que ce sont des Vikings, quand même. On sait jamais).

J’espère vous avoir donné envie de découvrir cette île paradisiaque et pour clore cet article, je vous partage la vidéo que j’avais réalisée sur place. Soyez indulgents, filmer au milieu des rafales de vent c’est pas cool.

Claire Schoeny

Un doux mélange entre Mia Wallace et Peggy Olson. En toute modestie.

3 COMMENTAIRES

  1. Super rétrospective Claire ! J’y étais également en février 2016 et je ne m’en suis jamais remise! Ça reste le pays de mes rêves et dans mon cœur.. par contre j’ajouterai juste un bémol pour la restauration la vie courante est très chère et il faut tout de même prévoir un solide budget pour se nourrir si on ne veut pas passer plusieurs jours à se nourrir uniquement de burgers ou fast food. Nous on a opté pour les courses au supermarché  » Bonus » le low cost local et on a utilisé la cuisine des maisons d’hôtes pour gérer notre budget et se faire quelques restos de temps en temps.

  2. Je confirme la magie de ce pays!!
    J’y suis allée fin mai 2017 avec homme et enfant (3ans). Nous avons fait le tour de l’Islande en 10 jours (env 3000 kms!). J’avais emporté un bouquin à lire en voiture, mais je l’ai même pas ouvert tellement le spectacle des paysage est magnifique et changeant!
    Effectivement, il faut prévoir un sacré bon budget sur place ! nous avons aussi opté principalement pour les courses Bonus (non mais ce logo avec le cochon chelou!!) pic-nics en extérieur ou plats préparés dans les airbnb/chambres d’hôtes. Les rares restos ont effectivement été pizzas/burgers (le choix pour végétariens existe mais reste répétitif).
    Fin mai les nuits n’existent déjà plus. Assez perturbant mine de rien !
    Un voyage que nous referons peut-être dans plusieurs années en sachant que nous avons eu la chance de voir encore des glaciers et des beautés naturelles appelées à disparaitre…

  3. L’Islande ça fait toujours Beaucoup d’effet , même
    Quand on y retourne Encore 😉
    Mais petite parenthèse : attention , ce ne sont pas des poneys ,
    Mais des chevaux ! Ils sont considérés chevaux
    Malgres leur petite taille , ne dites pas à un Islandais
    Qu’il monte un poney .. sacrilège !! 🙂

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