Selfies en Amérique latine, cours de surf en Australie ou encore escapades touristiques aux States. Nous arrivons à la période de l’année où ton fil d’actualité se transforme en cruel rappel que tout le monde est loin de toi en train de se dorer la pilule dans des destinations merveilleuses. Saturée de photos toutes plus rageantes les unes que les autres, ta vicieuse timeline semble d’ailleurs te demander toutes les 10 minutes : bah alors mon gros loser, tu bouges pas toi cet été ? Sur la toile, les jambes sont bronzées comme jamais et souvent accompagnées du vilain #nofilter. Alors, l’esprit revanchard, tu envisages de colorier les tiennes avec ton fidèle feutre marron pour rivaliser. Puis, tu renonces.

Oui toi, petit strasbourgeois frustré, tu es là et bien là cet été, et tu ne bouges pas d’un iota, tel un parcmètre solidement ancré au sol (pour le glamour on repassera). Ceci est donc, tu l’auras compris, un article de soutien. Tu es en août mais pas en vacances ? Peut-être, mais tu n’es pas tout seul.

Alors,

  • Si toi aussi, en te promenant à la piscine du Wacken (la seule piscine compatible avec ton maigre budget estival), tu réponds au doux nom de Doliprane ou encore de Casper (en fonction du degré de gentillesse de ton interlocuteur)
  • Si toi aussi en te baladant sur Insta, tu te sens misérable, car entre une photo de Burger veggie/trendy alléchant sur lit de soleil éclatant accompagné de sa sauce de Kylie Jenner qui te fait un clin d’œil provocateur, tu ne sais plus vraiment où est ta place dans ce triste monde numérique.
  • Si toi aussi tu envisages alors une seconde de pimper ta cybercredibilité avec une photo de tes pâtes au beurre sur lit de gruyère, puis tu renonces à cette idée absurde et fais le choix de te rouler en boule sous ta couette à la manière d’un timide tatou.

Eh bien, mon bon strasbourgeois, si tu te reconnais dans ce morose quotidien, il est grand temps de lever la tête, de se munir de son plus bel air conquérant, et d’unir nos forces afin de défendre vaillamment les vertus de l’été strasbourgeois. Pourquoi ?

  • Parce qu’à Strasbourg, au moins, on a pas de vilaines méduses. On a des ragondins et des pigeons avec qui tu peux copiner au cours d’une baignade itinérante dans les eaux de l’Ill. Et le petit plus, si tu te sens encore seul, c’est qu’il y aura sûrement un sympathique emballage de sandwich triangle vide pour te tenir compagnie. (Attention, si tu ressors de l’eau avec de l’eczéma, Pokaa décline toute responsabilité 🙄  et ce paragraphe disparaîtra mystérieusement de l’article)
  • Parce qu’à Strasbourg, la météo est certes complètement bipolaire mais au moins elle te permettra de traverser toutes les saisons en l’espace d’une journée. Peut-on en dire autant à Nice ou à Marseille ?
  • Parce qu’aller chiller à Oberhausbergen, c’est soo hipster/décalé/trendy/2017.
  • Parce que tu peux encore aller acheter ton PQ moins cher à DM. (Rep à ça vilain baroudeur itinérant qui s’essuie avec des feuilles d’arbres)
  • Parce que l’été à Strasbourg, y’a quand même moyen de faire des choses rigolotes quand on est pas en vacances, preuve est faite avec cet article.

Et enfin, pour finir sur une note positive, voici la suggestion du jour pour les déprimés de l’été :

Cette jolie chanson de Nina Simone qui te rappelle que même si tu n’as rien dans la vie, tu as quand même une bouche (pour noyer ton malheur dans la nourriture), des yeux (pour pleurer), des cheveux (ternes en raison du manque de soleil), des membres (tellement pâle que tu éclaires les routes la nuit)…

Alors, ça va mieux ?

***Got my hair, got my head Got my brains, got my ears Got my eyes, got my nose Got my mouth, I got my smile I got my tongue, got my chin Got my neck, got my boobies***

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