Entre slam, hip-hop, musique électronique et classique, projection et performance, Abd Al Malik a fait frissonner tout le public de la salle des fêtes de Schiltigheim samedi soir. On y était, et on a beaucoup aimé.

Abd Al Malik aime les mots, et surtout la scène. Samedi soir, il a présenté son concert inspiré des écrits de Albert Camus, à la salle des fêtes de Schiltigheim, et ne nous a pas laissé indemne. La force de ce spectacle, c’est qu’il allie un grand nombre d’arts pour que le public puisse entendre les textes de manière particulière. Entre la danse, les projections vidéos ou la musique live rythmée par une touche électronique, le mélange donne de la matière aux textes, et ouvre une porte d’entrée accessible dans l’univers très littéraire de l’artiste.

Pendant tout le concert, Abd Al Malik va chercher sur son grand livre blanc des mots qu’il récite, slam, et même crie avec une honnêteté et une puissance qui ne faiblit pas une minute. La musique l’accompagne, toujours rythmée, avec les guitares, les claviers et la batterie, ou simplement avec un piano.

Les textes sont en partie d’Albert Camus, en partie de l’artiste lui-même, et sont mis en résonance pour raconter son histoire personnelle, dans laquelle on peut s’identifier aussi. Le concert commence par un hommage à sa mère, projetée en immense derrière la scène, qui annonce le côté intime de tous les textes. On entend ensuite l’histoire d’un gamin de quartier, puis celle d’un rappeur inspiré, ou celle d’un d’amour fragile ou d’une lutte engagée. Comme un voyage musical dans le temps et les sentiments, où Albert Camus avait une place à part entière.

Entre chaque chanson, l’artiste improvise quelques mots, pour expliquer et lier les textes entre eux. Parfois il danse, saute, et joue avec ses musiciens et son public, comme sur une grande scène de théâtre, et la pièce raconterait sa propre vie. Parfois, juste avec le piano et le micro, il slamme avec douceur et détermination devant un public qui ne perd pas un mot.

À la fin, seul devant le rideau rouge, Abd Al Malik lit sa lettre à Albert Camus, pour lui rendre hommage, le remercier, et rappeler pourquoi il aime et croit autant en les mots qu’il transmet aussi bien.

Abd Al Malik est aussi humain sur scène que lorsqu’il en descend. Il suffit de demander à ses anciens professeurs qu’il a pris le temps de saluer, ou au petit garçon qui est reparti avec une grande dédicace rouge sur son T-shirt blanc.


Abd Al Malik à la salle des fêtes de Schiltigheim

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Anne Farcette
Strasbourgeoise de coeur, le stylo greffé à la main

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