Ils en attendaient 5 000 et c’est à 29 000 qu’ils arrivèrent.
La faim au ventre, le soleil sur la tête et les boum-boum dans les oreilles, c’est par milliers qu’ils formèrent des fils d’attente pour tous participer à la quête du Saint Graas.
Atteignable ou non, cette relique en a fait tourner des têtes, du bon comme du mauvais côté.

Imaginez-vous en train d’organiser une soirée. Vous invitez Jean-François, Jean-Didier, Jean-Christophe et Jeanne, vos amis de toujours. (Sacré J-D, ça fait un bail)
Vous leur préparez de petits plats, mettez une vingtaine de bières au frais et préparez un coussin péteur à placer sous le fauteuil de Jean-Didier. (J-D et moi, on est comme ça. Des vrais rois de la déconnade. Oh putain J-D, tu m’as tellement manqué)

Mais voilà, au moment où retentit la sonnette, ce n’est pas vos 4 amis qui débarquent mais une véritable marée humaine qui se déverse dans votre salon. Tels des cars de nippons au pied de Montmartre, ce trafic incessant et continu ne vous laisse aucun répit. Vos quelques bières sont éclatées en 2 minutes et voilà qu’un groupe d’inconnus est déjà entrain de finir votre cake salé et de plonger leurs gros doigts dans votre hoummos maison.

Les heures sont passées et voilà que le dernier invité vient de filer.
Heureusement, la soirée était tout de même une réussite, mais voilà : pas pour tous. Pas suffisamment d’alcool, trop d’attente aux toilettes et plus rien dans les assiettes passé 21h30. Même si l’ambiance y était et que le gros du troupeau est parti avec le sourire, d’autres sont rentrés pleins de désillusion et de frustration.
La prochaine sera mieux, c’est promis. Vous y serez préparé.

Voilà plus ou moins l’histoire du Street Bouche festival ce weekend.

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Soutenu par la ville (d’où la gratuité des entrées), l’évènement rentrait dans une logique plus vaste : celle de redynamiser le quartier Port-du-Rhin / Deux Rives.
Avec les constructions à répétition de nouveaux logements et l’arrivée du tram vers Kehl en 2017, la ville veut faire découvrir ce quartier méconnu des Strasbourgeois vivants en insulaires dans l’île du centre-ville. Redécouvrir la vie portuaire de Strasbourg et se la réapproprier.

Avec la bouche par Street Bouffe, les yeux par Graffiti Jam et les jambes avec les draisines sur les voies du futur tram, les animations du quartier se sont regroupées sous la bannière unique d’À la Conquête de l’Est. Un weekend suffisamment grand et riche en activités pour faire sortir les Strasbourgeois de leurs quartiers et aller à la rencontre d’une zone encore sous-animée.
Au final, À la Conquête de l’Est a drainé 40 000 personnes sur la durée du weekend. Chapeau bas l’artiste.

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Et pourquoi le Street Bouche n’a pas convaincu à 100% ?

LE MONDE.
Attendre une heure sous un soleil de plomb avec du gros son plein les oreilles pour attendre son tour et finalement manger son repas en regardant les gens assis avec envie, ça peut épuiser même les plus motivés.

Du coup la convivialité et l’esprit de partage prévus pour les 5 000 personnes se sont transformés en parcours du combattant pour les 29 000 qui entraient dans l’arène. Sauf si vous arriviez pendant les heures « creuses », où l’évènement reprenait des dimensions plus humaines.

De nombreuses personnes ont également fait demi-tour à cause du manque de parkings. Une navette de bus devait circuler pour expédier les habitants du centre sur la zone, mais cette dernière a finalement été annulée.

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Et pourquoi le Street Bouche est à 200% convaincant ?

Déplacer 5 000 Strasbourgeois dans un quartier encore mal desservi par les transports et qu’ils ne connaissent pas, ça relevait déjà de l’exploit. En faire venir 29 000, les faire manger, vibrer, se rencontrer et redécouvrir l’existence d’un quartier, ça, c’est une belle note d’espoir pour la vie évènementielle de Choucroute City.

Le premier Street Bouche avait ses quelques défauts mais surtout une montagne de points positifs ET DES PUTAINS DE BURGERS DE COULEURS.

L’idée sortie de la tête de 3 personnes a pu se partager dans des milliers d’esprits et rendra possible bien d’autres projets. Montrer aux pouvoirs publics que les Strasbourgeois ont soifs de nouveautés, de rassemblements et de découvertes, c’est nous garantir que des porteurs de projets suffisamment fous pour concrétiser leurs idées puissent être soutenus par la ville.

Street Bouche premier du nom, tu étais beau malgré tes petits défauts.
Maintenant, j’ai hâte de voir le suivant, parce que je suis sûr que ce dernier sera encore plus succulent.

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Et vous, votre expérience Street Bouche, c’était comment ?
Écrivez-la dans les commentaires, sur nos réseaux ou sur votre bras. Soyez sûrs que dans tous les cas on le lira.

9 COMMENTAIRES

  1. C’est vrai déçu de pas avoir eu le courage d’affronter les files d’attente mais le cadre et l’ambiance estivale rattrapait largement le coup.
    Et venant pourtant de l’extrême ouest de strasbourg, avec mon vélo j’ai eu aucun soucis de parking (enfin fallait juste accepter de poser son vélo n’importe où ^^

  2. La navette a été assurée par la ville de strasbourg. Ligne2 du réseau cTs. Avouez que pour un événement de cette ampleur, un bus de 60 places est plus adapté qu’une navette de 9. 😉
    Cordialement

  3. Nous avons décidé de nous y rendre avec mes colocataires afin de découvrir ce festival strasbourgeois.
    Ce fut malheureusement une grande déception pour nous quand nous nous sommes rendu à ce stand blanc et bleu qui proposait des Burger Suisse avec son très fameux « pain boulanger » pour la modique somme de 9€ . Ce dernier nous ai un peu resté sur l’estomac, certains d’entre nous n’ont même pas réussi à le finir. Quelle déception !

  4. Le bouffe avait l’air plutôt naturelle, encore que le terme « responsable » est bien vague. Mais je ne peux pas manger avec de la musique 100% synthétique. Dommage…

  5. Je suis plutôt du côté des ravis, oui j’ai fait la queue, non je n’avais pas prévu assez d’argent liquide, mais j’ai trouvé l’évènement vraiment sympa, Alsacienne depuis peu c’est un quartier où je n’avais jamais mis les pieds, il y a un tel potentiel!! Les bao burgers étaient au top, avec des saveurs qui sortent un peu de l’ordinaire, les limo originale et les gâteaux What the cake à tomber comme toujours… même l’expérience toilettes sèches était une réussite, bon ok c’était samedi en début d’aprem… A refaire donc, vite!!!

  6. Je suis tellement contente qu’un festival de streetfood ait enfin pu se faire à Strasbourg. Nous sommes, mon conjoint et moi des grands fan de la nourriture de rue! Mais pour le coup j’ai trouvé dommage que les propositions soient très similaires (quasiment que des burgers… Mais pas que bien sûr) => j’ai été ravie de retrouver notre coup de cœur culinaire « Dakar Passion » ça c’était juste jouissif! L’engouement pour cette événement prouve tout simplement que les choses changent et que les gens prennent conscience… Notamment pour tout ce qui était « fair » d’ailleurs malgré la difficulté pour moi de terminer mon Jacky Brownie de chez What the cake! Le sommum du délice était là. Merci pour l’initiative, merci de nous rendre curieux, merci de nous faire partager tout ça!

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