Ça y est, on y est, l’authentique marché de Noël reprend vie après un an à roupiller !

Je décide de me balader entre les rangées de chalets, fraichement montés.
Mes narines se remplissent instantanément des odeurs d’épices, mon nez rougis par le froid et mes yeux sont grands ouverts, émerveillés devant bricoles et jouets présents pourtant chaque année.

Voilà quelques jours qu’il a ouvert ses volets et déjà, de nombreux passants s’engouffrent dans cette spirale céleste d’arômes et de couleurs. Mes sens sont en éveil et mon porte-monnaie me titille.

Malgré tous ces bons sentiments que provoque l’émanation des senteurs, des questions trottinent dans ma tête, se confondant parmi les images de crêpes, pommes d’amour et vins chaud.

Des questions toutes simples, mais dont les avis divergent. Que ressentent les marchands ? Ont-ils des appréhensions ? Et les passants ?
Je suis donc allée à la rencontre de ces gens, mon portefeuille loin des yeux, 
mais prêt du cœur.


Quelques personnes ont refusé de me répondre. Il faut dire qu’un nombre important de journalistes se faufilaient à travers vents et marées de passants !

Je m’adresse à une jeune femme, commerçante, bien lotis dans sa petite maison en bois, au milieu des chocolats.

‘’Je n’ai pas peur vu le dispositif de sécurité mis en place.
Sans ce dispositif, je serais tout de même venu, par principe.
Il faut continuer à profiter et défendre notre façon de vivre.’’ Me répond-elle avec engouement.
‘’L’important est d’être présent et de continuer à créer la magie de Noël, la fêter comme il se doit. L’objectif, c’est de profiter «  complète son amie.

’Certainement pas, je n’ai pas peur ! Je ne baisse pas ma culotte devant ces gens-là «  répond spontanément un commerçant dont le stand de vin chaud me rappelle de doux souvenir, l’abus d’alcool est dangereux pour la santé à consommer avec modération.
‘’Je ne suis pas plus rassuré de voir ces forces de l’ordre, ils n’éviteront rien.
Mais ça rassure les gens.’’ Continu-il.
Pour lui, fermer entre Noël et nouvel an, c’est ‘’baisser le froc » devant les terroristes.
Pour d’autres, c’est à ce moment-là qu’il aurait pu se passer quelque chose, un soulagement pour les marchands de Broglie.

‘’Peur non ! Je refuse d’avoir peur sinon on arrête de vivre’’ me répond une jeune femme dont son stand est décoré de drapeau français.


Lille a vu son chiffre d’affaire baisser de 40% en comparaison aux ventes de l’année précédente. Une diminution considérable qui inquiète les vendeurs.
‘’Pour le moment, on ne ressent pas trop de différences, ça se verra surement au fil des jours.’’ Me répond un vendeur derrière son stand de boules de noël.

‘’En Amérique, on vit comme ça, dans la peur.
Tout le monde est effrayé ici, personne ne veux mourir ! Mais je voulais voir de mes propres yeux et non ceux des médias, ce fabuleux marché de noël !’’, me confie un américain, le sourire aux lèvres.
La plupart des visiteurs se disent rassurés par la présence de forces de l’ordre.

Un important dispositif policier et militaire a été mis en place par la mairie.
3 compagnies composées d’une cinquantaine de policiers sont disposées sur les différents sites. Ils viennent de Paris, de Perpignan et d’Alsace et resteront dans le capital de noël un petit moment.

Vous avez jusqu’au 24 décembre pour profiter de ses plaisirs gustatifs, pleurer les churros et acheter vos décorations de noël !

‘’Ce qui est rassurant c’est que l’on continue à vivre.’’

IMG_4550

Photographies : Valentine Zeler et Mlany Punkt

AUCUN COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE