Si tu ne vas jamais au musée, c’est le bon moment pour y faire un tour, particulièrement si tu aimes ta ville ! Jusqu’au 25 février, une grande manifestation culturelle propose aux Strasbourgeois de se pencher sur une période de chamboulements et d’ébullition artistique et intellectuelle, à travers une série d’expositions et de manifestations artistiques. C’est organisé par l’Eurométrople en partenariat avec l’Université et ça permet de mieux comprendre comment la Strasbourg que l’on connaît s’est construite grâce à ses artistes locaux, ses musées, son université et sa situation géographique particulière.

« Strasbourg, laboratoire d’Europe 1880 – 1930 » : atout est dans le titre du projet, à décortiquer un peu. Strasbourg d’abord, parce que c’est bien une déclaration d’amour à la ville qui se cache derrière cette manifestation culturelle plurielle. Strasbourg a toujours été un lieu de croisement entre deux cultures frontalières, qui même à travers une histoire mouvementée ont permis un mélange original et une vie artistique singulière.

Ecole des arts décoratifs, cours de dessin, sans date – Photographie de Lucien Blumer Archives de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg

L’époque choisie, 1880 à 1930, est le moment où Strasbourg passe de l’Allemagne à la France, et s’avance doucement vers l’Europe. C’est justement ce qui en fait un laboratoire, puisque sa situation de ville frontalière et binationale était si particulière. L’exposition présente les possibilités et les conséquences de cette double culture sur la vie artistique et intellectuelle de la ville à la fin du siècle dernier, et le quotidien des Strasbourgeois de cette époque. Dans les lieux d’expositions, on rencontre des artistes locaux à renommée internationale, leurs œuvres, et ce qu’ils ont apporté à la ville. Mais on découvre aussi à quoi ressemblaient les musées des Strasbourgeois de l’époque, quels étaient les sujets étudiés dans une université strasbourgeoise à grand rayonnement, comment se sont constituées les collections artistiques, et même quelle musique les Strasbourgeois écoutaient.

Atelier de Jean-Désiré Ringel d’Illzach au palais Rohan à Strasbourg, 1908 – Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg

Pourquoi y aller, puisque ça sonne quand même un peu trop historique et institutionnel ? L’originalité de l’exposition, c’est qu’elle laisse au visiteur le choix de la porte d’entrée dans cette époque, et qu’elle propose beaucoup d’évènements gratuits. Et entre tous les lieux d’expositions, il y a forcément une œuvre ou une explication qui peut plaire à un Strasbourgeois de maintenant.

Au MAMCS (Musée d’Art Moderne et Contemporain), c’est un parcours ludique entre les affiches colorées de l’époque, les reconstitutions de salons et la rencontre avec les artistes locaux au travers de courtes vidéos que l’on peut visionner sur des postes au cours de la visite. Pour ceux qui préfèrent cette approche par la vidéo, il y a aussi des projections gratuites de films de l’époque ou sur l’époque à l’auditorium du MAMCS, et des discussions avec les réalisateurs et réalisatrices.

La salle médiévale de la maison d’Anselme Laugel, fresques de Joseph Sattler, Léon Hornecker et Charles Spindler, vers 1893- Collection particulière

Un côté plus historique sur la mise en place des musées et des collections est à voir au musée zoologique, et au musée des beaux-arts. Pour les amateurs de photographie, le musée alsacien propose une exposition avant-après, qui compare le musée à sa création grâce à des photos d’époque, et ce qu’il est devenu aujourd’hui. Plutôt art vivant ? La médiathèque André Malraux et la Cité de la Musique et de la Danse t’embraquent pour un petit voyage dans le temps avec une pièce gratuite sur les premiers pas de la radio, « Radio Strasbourg 1930 ». Et enfin pour ceux qui ne jurent que par la musique, l’orchestre philharmonique de Strasbourg a encore quelques programmations autour des compositeurs de la fin du siècle.

Peinture, art décoratif, photographies, archives, théâtre, films ou musique, autant de moyens de représenter l’ébullition artistique que Strasbourg a connu pendant les années de fin de siècle, et qui a construit la ville telle qu’on la connaît. Un bon moyen, abordable et intéressant, de savoir d’où l’on vient pour comprendre la Strasbourg d’aujourd’hui.


« Strasbourg, laboratoire d’Europe 1880 – 1930 »

Jusqu’au 25 février dans plusieurs lieux culturels de Strasbourg

Plus d’infos sur l’expo


 

Anne Fcte

Strasbourgeoise de cœur, le stylo greffé a la main

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