C’est en faisant la manche qu’il en a eu l’idée. Depuis deux ans, Laurent Delahaye cire les pompes des strasbourgeois sur son célèbre triporteur. Cette activité, bien qu’elle reste précaire, lui a rendu confort et fierté… Seulement voilà, après un été torride et un automne glacial, Laurent ne s’y retrouve plus. À l’aube du Marché de Noël, il risque de nouveau la rue ; ses soutiens appellent à la solidarité.


La photo de couverture a été prise par la photographe Marion Pedenon pour le projet La France vue d’ici.

Laurent à son poste (photo postée sur sa page Le petit coin cirage)

Du haut de ses 49 ans, Laurent en a vu d’autres. Enfant de la DASS puis nomade précaire, il a vécu sept ans dans la rue. Il a connu les abus sur les chantiers, les trocs pour subsister et les cueillettes pour grailler… Comme il le dit lui-même avec humour lorsqu’on l’interroge sur sa vie : « Sortez les mouchoirs ! »

Pour autant, le bonhomme ne s’est jamais laissé abattre… Il y a trois ans, alors qu’il fait la manche dans les rues de Strasbourg, le sale état des chaussures qu’il voit passer lui donne une idée : « Je me suis dit que j’allais rendre cette ville propre ! C’est marrant comme idée, de la part d’un clochard… » Gilles, le patron du Comptoir du cigare devant lequel il mendie, trouve l’idée moins marrante que brillante, et lui donne cinquante euros pour se lancer. Un micro-crédit pour acheter son triporteur et plusieurs dons de cires plus tard, Laurent part à la conquête des cuirs strasbourgeois sous le nom du Petit coin cirage…

Mais voilà, à 4€ la paire de pompes, c’est pas la panacée ! Et s’il parvient à se loger et à se nourrir, son activité ne lui permet aucun faux pas… Il y a un an, son logement flambe avec ses meubles, sa garde-robe et surtout ses outils. N’ayant pas d’économies, c’est le soutien massif de la petite communauté de Laurent qui le sauve, en participant à un crowdfunding. Malgré ces dons, aujourd’hui Laurent peine encore à se relever totalement de cet incendie. En parallèle, la météo capricieuse tire son activité vers le bas : « L’été c’est pas évident, y a que des baskets ou des tongs, rien à cirer ! » Les jours de pluie qui se sont succédés depuis la rentrée ne valent pas mieux : « On peut pas cirer des chaussures mouillées, le lendemain y a des auréoles blanches dégueulasses. »

Aujourd’hui Laurent n’y arrive plus. Très proche de sa communauté, à laquelle il a toujours parlé sans filtre, il lui a partagé sa situation hier dans un post Facebook désemparé…

Laurent Delahaye est une figure emblématique de Strasbourg, l’une des gueules qu’on voit le plus et de celles qu’on retient le mieux. Malgré une histoire de vie qui n’a rien d’un long fleuve tranquille, il a su trouver sa place seul dans une société qui ne semblait pas décidée à lui en donner une. Aujourd’hui, la micro-entreprise qu’il a créé pour sortir de la rue, vivre décemment et « avoir le privilège, sans ironie, de payer des impôts » est en danger…

Et si tu l’aidais ?

  • Je passe une commande à Laurent (chaussures, mais aussi sac, veste, fauteuil, voiture) via sa page Facebook.
  • Je participe à la cagnotte solidaire alimentée par les soutiens strasbourgeois de Laurent, à partir de 1€ seulement.
  • Je ne peux pas donner, alors je partage cet article pour que ceux qui peuvent le fassent.

3 COMMENTAIRES

  1. je vous souhaite beaucoup si je pouvais vous venir en aide je l aurai fait de tout mon coeur moi même je suis sans emploi je vous souhaite que cela s arrange pour vous surtout il faut jamais perdre espoir car dit vous il y a toujours une personne qui sera la pour vous

  2. J’ai une idée de complément. Les sneakers et baskets ont presque toutes des semelles blanches. C’est très salissant. Il paraît qu’avec une brosse a dent et du dentifrice on parvient a retrouver l’éclat des premiers jours. A tenter… Courage.

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