Tous les mardis à 20h, les fans de hiphop US à Strasbourg branchent leur radio sur le 91.9 FM et mardi dernier, l’émission Topless fêtait ses 4 ans au Wawa Bar. RBS, Radio Bienvenue Strasbourg, c’est la radio des potos (d’ailleurs, Pokaa y passe aussi toutes les semaines) « libre et non commerciale ». L’équipe de l’émission Topless est bénévole comme de nombreux autres contributeurs à la radio.

Ils voulaient fêter leurs 4 ans avec leurs auditeurs, ils sont sortis de leur studio pour aller se terrer au WAWA Bar. Première expérience de duplex pour ces déjantés du rap. Les soucis techniques sont au rendez-vous comme dans toute radio bénévole. Ça fait partie du charme. Mais ce n’est pas les problèmes de câbles ou de larsens qui vont décourager la fine équipe. Au contraire, ça donne plus de temps aux DJs locaux Cut Edge et Stan Smith de balancer de gros scratchs comme il se doit. Au final, c’est en direct sur RBS et sur Dailymotion que l’émission commence vers 19h15. La terrasse est blindée. A l’intérieur, le son est bon. Des classiques et gros hits récents de la scène US passent. Et puis Paul, Jérémy et leurs amis, chroniqueurs, invités et auditeurs prennent la parole.

40 ans de hiphop pour les 4 ans de l’émission

Les 4 animateurs principaux s’étaient distribués une décennie d’histoire du rap chacun. Premier titre évidemment The Message de GrandMasterFlash. Un des premiers morceaux de rap avec une portée sociale. Le son raconte le quotidien dans les banlieues de New York. Les inégalités, le crime, la pauvreté et le ras-le-bol des auteurs vis-à-vis d’une situation dont ils ne voient pas l’issue.

Chaque animateur présente un son et explique son choix. Rétrospective de 1977 à 2017. « On a essayé de mettre en avant les sons les plus emblématiques, les plus engagés, les plus festifs, qui ont changé le game, le paysage du rap américain. Mais aussi nos sons préférés de ces décennies. C’est impossible de résumer 40 ans d’histoire musicale en 4 sons par décennie, mais on voulait donner au public un aperçu de la diversité musicale du rap américain sur 40 ans.

On voulait faire une émission marrante, divertissante et interactive pour les auditeurs. Pas juste une émission de talk comme on le fait d’habitude, où on détaille vraiment les artistes, leurs parcours et le contexte de leurs œuvres. Du coup, on a organisé quelques quizz pour que les gens puissent parler et rigoler avec nous pendant l’émission. »

Moment d’anthologie, un quizz WTF 

Un des chroniqueurs ayant des origines québécoises (et se fait régulièrement charrier sur ce point), il a traduit les paroles de classiques du rap américain comme Juicy de Notorious BIG en français québécois. Les invités sur le plateau devaient deviner le titre et l’artiste à partir des paroles en acapella.

« Le gros problème quand tu veux donner une contexte aux œuvres que tu présentes, si en plus tu fais ça de manière chronologique c’est ça devient très vite une émission « wikipédia ». Tu deviens chiant. On voulait éviter d’avoir une émission trop scolaire, trop rodée, trop cadrée … encore plus ce soir pour se laisser plus de liberté et de place à la spontanéité. »

« A part la passion, on n’a rien à vendre. »

A la base c’est deux potes, Jérémy Mespoulede et Paul Buchi alias Jerem et Sexy Buchi qui se sont rencontrés sur les bancs de la fac. Ils ont sympathisés en parlant de rap Us. « Entre passionnés ça se voit tout de suite, tu le sens. On avait des débats interminables autour de bières. Et on a toujours gardé cet esprit bar, conversation autour d’une table. Un jour Jerem vient me voir et me dit « viens, on en fait un podcast ». Moi je lui dis : ok on tente mais ton podcast il va se casser la gueule au bout de deux mois. On a envoyé un mail à RBS, deux jours après, rendez-vous, et le lundi suivant on avait une chronique dans la matinale qui s’est transformée en émission. »

« C’est une belle boucle. On a eu l’idée de l’émission dans un bar et aujourd’hui on fête nos 4 ans en direct dans un bar. C’est beau. Et pour moi y’a rien de plus beau que de découvrir un artiste qui te plait en d’ensuite pouvoir le partager avec les autres »

Alors, la culture hiphop et le rap US sur Strasbourg, c’est comment?

« J’ai remarqué qu’il y’a de plus en plus de structures et d’associations qui arrivent à ramener du rap américain à Strasbourg. Je pense notamment à Pelpass. Et tu sens que y’a un public qui attend ça, qui vient aux concerts. Le Zénith l’année dernière par exemple c’était une line-up dont je ne pouvais que rêver il y a dix ans. Strasbourg en hiphop c’est bouillonnant. Rien que la Block Party aux Docks Malraux récemment, c’est le genre d’événement qui démontre la vitalité de la scène. »

« Est-ce que quand tu sors, en soirée boite/ bar avec des DJs comme ce soir, t’as l’occasion d’écouter du bon rap bien mixé ? A mon humble avis : Oui. Au niveau des créateurs, ok ça passe peut-être pas sur Skyrock, mais y’a plein de gens qui font du son et pour la taille de Stras’ c’est vraiment pas mal. A l’époque y’avait Kadaz qui ont mis la ville sur la carte comme on dit. … NAP aussi à l’ancienne… Même les couillons qui passent au Freestyle Monday au Mudd je les trouve vraiment forts ! Y’a du talent et je leur souhaite de percer. »

Vous pouvez retrouver les fous de RBS sur les ondes 91.9 FM ou en streaming sur le net.

On leur souhaite bonne continuation et de continuer de nous faire découvrir ou redécouvrir les méandres du rap US !

Propos de 3 animateurs, recueilli par Martin Lelièvre

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