Vous connaissez sans doute Thomas Pesquet, notre nouveau drapeau tricolore vivant, une vraie fierté pour les français qui adorent que leurs congénères brillent à l’étranger et encore plus hors de la stratosphère. C’est le dixième frenchy à voyager dans l’espace et le seul à avoir orchestré ce type de mission Et quelle mission mes amis.

Coucou toi

Contexte

Thomas Pesquet a passé six mois dans la Station Spatiale Internationale (ISS) aux cotés d’autres astronautes internationaux pour une mission à vocation scientifique, pédagogique et technique à 400 kilomètres du sol.

Station spatiale internationale ISS

Aux dernières nouvelles Thomas s’est envolé prétextant que le sol était de la lave.

Cette mission, nommée « Proxima » a été l’occasion de mettre tous les éléments au défi, de tester la gravité et d’inventer les techniques de demain avec des objets chelous. Tous ces trucs qui ne peuvent pas fonctionner sur notre petite planète à l’ancienne, sujette à une gravité humanoïde conventionnelle. Pour plus d’infos sur les expériences de Tom, c’est par ici.

Thomas Pesquet est aussi un doudou qui a du coeur, son voyage fut l’occasion de mobiliser les terriens autour de différents sujets pleins de pédagogie et d’Humanisme, autour de la science bien-sûr mais aussi de la culture, de l’écologie et de l’égalité entre les Hommes.

En pleine aventure spatiale et en tant que grand fan du Petit Prince, il a aussi décidé de lancer un concours d’écriture en collaboration avec l’équipe Proxima, une communauté de scientifiques, d’écrivains et d’intellectuels du monde entier.

Ce concours, très simplement intitulé « Le petit Prince et Proxima » s’est organisé en partenariat avec la Fondation Antoine de Saint-Exupéry pour la Jeunesse, le Labo des histoires, la Cité de l’espace et l’Institut français de l’Espace.

Le Petit Prince est l’œuvre littéraire la plus traduite au monde, pas étonnant que l’histoire ce petit homme qui voyage de planète en planète fasse écho à travers les étoiles de la station internationale.

Le thème du concours inspire quiconque veut s’évader, quiconque est sensible au voyage aux étoiles, à l’immensité et à l’évasion : Prolonger l’histoire du petit prince sur une huitième planète.

En quelques semaines, plus de 8 000 jeunes de 78 pays différents envoyèrent leurs lettres dans l’espace grâce à un tube aéro-propulseur à la manière de Futurama relié directement à la station ISS.

Les résultats tombèrent rapidement, joie immense et chauvinisme assumé : la gagnante de la catégorie « France » est strasbourgeoise et chez Pokaa on a voulu en savoir davantage.

Thomas Pesquet annonces les lauréats, Manon découvre que son texte est number one.

Un grand Bravo Manon, et sinon qui es-tu ?

Manon Tendil est une discrète étudiante en Master Strasbourgeoise de 24 ans. J’ai voulu en savoir plus sur elle, sur ce qui l’a poussé à faire voyager ses idées, lui demander comment un jour, on décide de coucher des mots sur le papier avec passion pour les envoyer dans l’espace, là ou personne ne peut nous entendre et à priori encore moins nous lire.


J’ai souhaité poser quelques questions simples et naïves à Manon, sur son passé, son rapport à l’écriture, à sa ville et aux choses qui s’y déroulent :

Une particularité dans ton parcours scolaire ?

Pas vraiment, APB m’a déposée avec mon sac à dos et mon gouter devant la fac de droit en me disant que maintenant j’étais grande et qu’il était temps que je me débrouille. J’ai bien aimé alors j’y suis toujours.

Qu’est-ce que tu aimes faire pour te divertir? Le weekend ?

Je suis très pantouflarde. Mes divertissements se résument, pour les loisirs, à la lecture et au cinéma, et pour le reste à mes copains avec qui j’adore rester des heures sur des terrasses bruyantes. J’adore écouter la radio, particulièrement France Inter, et encore plus particulièrement la sacrée équipe de choc d’humoristes et chroniqueurs. Quand la semaine a été rude, je me contente d’un peu de musique et d’une sieste, la tête posée sur le ventre de mon gros chat.

Par ailleurs, je me permets de revenir sur le cinéma : ça devient un vrai luxe et c’est scandaleux ! La culture ça doit se partager, se répandre comme une trainée de poudre. Aujourd’hui, des gens qui bossent comme des dingues toutes la semaine pour un salaire de trois fois rien ne peuvent même pas se payer le loisir d’aller au cinéma le week-end. Le cinéma c’est 12 euros pour une personne ! Quand je pense qu’à l’époque de mes parents on draguait en s’invitant au cinéma alors que maintenant on claque son PEL pour aller voir un film en famille !

Quels sont les lieux que tu fréquentes ?

Je passe le plus clair de mon temps chez moi ou sur le campus. Quand c’est la période des marchés de Noël, je me balade en centre-ville avec des paillettes plein les yeux. Tous les mardis soirs, je suis rue de Belfort à l’AMAP (association pour le maintien de l’agriculture paysanne) dont je fais partie et qui me tient à cœur parce qu’elle correspond à mes valeurs : manger bio, local, sans intermédiaire avec le producteur.

Voilà déjà la majeure partie de mon temps.

Ensuite, occasionnellement, je vais faire un tour en Allemagne, je vais me balader dans des musées, je prends des verres dans des bars, j’emmène mon vélo faire un tour dans un parc.

Où as-tu entendu parler de ce concours?

C’est mon frère qui m’a téléphoné un midi du boulot pour me demander si je connaissais Thomas Pesquet et la mission Proxima parce qu’il avait entendu à la radio qu’il y avait un concours d’écriture et qu’il pensait que je devais participer.

Quel est ton rapport à l’écriture?

L’écriture c’est un petit défouloir : j’ai peur du conflit et parfois je n’ose pas exprimer à voix haute ce que je pense. Alors je l’écris sur un petit bout de papier et tant mieux s’il a de l’écho. Ça me permet aussi de faire passer mes idées. On peut être gêné à l’idée d’exprimer une idée en ayant peur d’être seul à y croire et en n’osant pas. Mais par papiers interposés personne ne peut me contredire immédiatement donc je peux aller au bout de ma pensée.

As-tu un attrait particulier pour l’univers de Thomas Pesquet ?

L’espace c’est fascinant et effrayant. Il fait froid et on ne peut pas respirer. C’est un vide immense (un peu un paradoxe même). En somme, pas très sexy vu sous cet angle. C’est donc un immense terrain de jeu pour poètes : prenez un truc moche, vide, froid et donnez-le à quelqu’un qui transforme la vie en beau. Mon rapport avec l’espace se résume à des poèmes lus dans des tas de bouquins, et Fred et Jamy qui ont expliqué dans ma télévision quand j’étais petite que, même des gens très gros ne semblent rien peser dans l’espace (un autre argument en faveur du goûter)

Quel rapport as-tu avec l’histoire du petit prince ?

L’histoire du petit prince est selon moi un livre pour adulte. Quand on est enfant, ce que contient ce livre est une évidence : les adultes sont pressés, vaniteux, incohérents, appâtés par l’argent. Quand on devient adulte, on prend beaucoup de recul et on se trouve des excuses. Ce petit livre est là pour nous rappeler ce qu’on est et ce qu’on perd. C’est une sorte de miroir.

L’histoire du Petit Prince se redécouvre à plein de moments dans la vie. Chaque rencontre du Petit Prince peut se transposer à un événement qu’on vit. En ce qui me concerne, un des témoins du mariage de mon frère a donné une dimension toute particulière à la rencontre du Petit Prince et du renard, à la définition de l’amitié que le récit soumet et à la volonté d’aller les uns vers les autres.

Quelles étaient tes sensations lorsque tu as appris que tu étais gagnante ?

Quand j’ai appris que je faisais partie des lauréats du concours, j’ai peiné à y croire puis l’excitation et la joie ont pris le dessus ! Aujourd’hui encore il m’arrive de me demander si c’est bien vrai.

Quelles valeurs ou quelles idées voudrais-tu transmettre par tes récits ?

J’aimerais faire passer dans mes textes les valeurs dans lesquelles je crois : l’égalité, entre les sexes les couleurs de peau, les gens nés d’un côté d’une ligne imaginaire créée par l’humain ou de l’autre côté, l’écologie, la bienveillance, le partage.

Quel est ton idée de Strasbourg, de la vie dans cette ville ?

Il fait bon vivre à Strasbourg. J’ai emménagé à Strasbourg il y quatre ans parce que j’ai eu un vrai coup de cœur pour cette ville. C’est une ville cosmopolite et j’adore ça. Je m’y sens en sécurité.

Qu’est ce qui t’inspire aujourd’hui ? Artistes, auteurs, musiciens ?

J’aimerais bien pouvoir cerner ce qui m’inspire mais ça n’est pas simple. Je pense que malgré ce qu’on souhaiterait, nous sommes des éponges. Qui n’a jamais dit « ah j’en ai marre de cette chanson, je la déteste mais impossible de me sortir ça de la tête ! » et oui, nous sommes spongieux. Je crois qu’on ne maîtrise pas ce qui nous inspire et qu’au-delà de cela, on ne voudrait mettre en avant que des inspirations positives alors qu’il est fréquent d’être inspiré par quelque chose qui est à l’opposé de ce qu’on pense et qui nous révolte : ça nous révolte, donc ça nous inspire.

Ce qui m’inspire se cache dans la radio, dans la rue, sur le campus, dans ma famille.

Je suis une grande fan de musique, j’écoute à peu près de tout, mais mes petits préférés sont la folk, la soul et le rock. Bob Dylan, Alela Diane, Joan Baez, Irma Thomas, First Aid Kit, Fleet Foxes et le plus grand poète de tous les temps, Leonard Cohen.

A la radio, je manque rarement les interventions de François Morel, Charline Vanhoenacker, Alex Vizorek, Sophia Aram, Guillaume Meurice, Thomas Bidegain, Nora Hamzawi, bref, toute la clique de France Inter.

En ce qui concerne les livres, je lis tout ce qui me passe sous la main. Mais le récit qui a marqué ma vie c’est Harry Potter.

Quelle est la suite pour toi ? études ? autres concours ? métier ?

J’ai terminé mon année de Master 1 à la fac, je me dirige vers une année de Master 2 dont la sélection est drastique alors croisez les doigts pour moi ! Mon travail sera dans le droit, mais l’écriture fera toujours partie de ma vie.

Qu’est-ce que tu peux conseiller aux écrivains en herbe ou à ceux qui se lancent dans l’aventure de l’écriture ?

Les écrivains en herbe, c’est un peu ce que je suis : ne serait-ce pas prétentieux que de penser que je peux les conseiller ? J’ignore si c’est un conseil ou un avis mais voilà ce que je peux vous dire : j’ai beaucoup hésité avant de soumettre mes textes à l’avis d’un jury, et j’hésite encore souvent. Mais on n’a rien à perdre et tout à y gagner ! Dans le cas où notre texte n’est pas sélectionné, tant pis, on fera mieux la prochaine fois mais personne ne va nous pointer du doigt dans la rue, tout va bien. Et on peut avoir de très belles surprises.


Amour 

1 commentaire

  1. J’ai eu le coup de foudre pour Strasbourg quand je m’y suis installée fin 2014, et depuis j’en suis de plus en plus amoureuse. Bravo pour votre site !

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