Quand des Makers de France et d’Europe investissent le Shadok et la presqu’île Malraux le temps d’un week-end ultra ensoleillé, ça donne deux jours de découvertes qui repoussent toujours plus loin les limites de notre imagination. Retour sur la première édition de la Mini Maker Faire de Strasbourg, organisé par l’association AV.lab !

Pendant que quelques enfants apprenaient l’art de la forge sur le stand de F.E.R Ludo le forgeron, d’autres s’essayaient au bricolage avec l’équipe de Creative Vintage. Alsace Digitale avait eu la brillante idée de faire la démonstration d’un jeu interactif qui aspergeait les perdants d’eau fraîche, aspect non négligeable en cette journée qui affichait au moins 80 degrés au compteur. Cependant, pour lutter contre la chaleur, certains préféraient plutôt enfiler des casques de réalité virtuelle qui donnaient l’illusion de voler comme un oiseau dans l’excellente « volière à drones ». La tente qui accueillait la Ludus Académie ne désemplissait pas et NOVLAND ou encore Achencraftdont on vous parlait il y a quelques mois –  étaient également de la partie.

Bref, la Mini Maker Faire de Strasbourg rassemblait environ une quarantaine de stands et il était impossible de s’ennuyer tant il y avait de projets fascinants à découvrir, d’ateliers de création à tester ou encore de personnes passionnantes à rencontrer.

F.E.R – Ludo le Forgeron
La volière à drones
Une mini gameuse découvre Ludus Académie

A commencer par Théo et Clément et leur projet uGems, « la console de jeux vidéo portable pour apprendre le code à l’école ! ». A à peine 23 ans, Théo, étudiant à Télécom Physique Strasbourg, utilise son temps libre et ses compétences dans le codage, pour développer cet outil qui permet aux élèves à la fois d’apprendre à coder, de créer son propre jeu et bien sûr, de jouer ! Suite à un concours organisé par Alsace Tech, Théo est rejoint par Clément, étudiant à l’EM Strasbourg. Leur objectif ? « Susciter l’envie et la motivation d’apprendre. C’est simple, ludique et concret. En 4h, le premier jeu est crée ! »

Un peu plus loin, je rencontre les représentants de E-Nable France.  Le concept de cette association est de « fédérer un réseau de Makers bénévoles et philanthropes qui utilisent l’impression 3D pour fabriquer et offrir des mains à des enfants nés sans doigts. » En gros, un mec, Jason Bryant, à créer le prototype open source d’une main articulée dont chaque morceau peut être fabriqué grâce à une machine 3D ! Et les enfants peuvent même personnaliser leur « fausse main » avec les couleurs de Batman ou de Superman par exemple ! Une idée vraiment cool qui permet donc de mettre les nouvelles technologies et tous ces nouveaux outils au service d’une noble cause. Et ce n’est pas l’Association française du Transhumanisme, qui avait son stand juste à côté, qui dira le contraire !

Deux prothèses imprimées en 3D et inspirées des super héros Spiderman et Batman.

Après un bref arrêt sur le stand du Vaisseau, je rencontre Hélène, 38 ans, créatrice de la boutique « L’Amour aux trousses ». Designer produit de formation, avec une casquette communicante, Hélène avait toujours eu envie de créer des bijoux. Et c’est en 2015, lorsqu’elle participe à un atelier « découpe laser » organisé par le FabLab de Strasbourg, qu’elle décide de lancer sa boutique en ligne sur Etsy. Ses magnifiques créations, qu’on pourrait qualifier de « rock’n’cute » – oui, je viens d’inventer ce terme -, sont toutes dessinées par Hélène en personne, puis fabriquées à l’aide des machines mises à disposition par l’association AV.Lab.

Hélène et « L’amour aux trousses »

Au passage, je ne peux pas m’empêcher de constater qu’Hélène est une des rares femmes présentes. J’en conclue que la communauté des Makers est majoritairement masculine et, pour en savoir plus, je décide d’aller me joindre à la conférence « Femme dans un monde de Makers » qui démarre justement. Catherine Trautmann, membre du Conseil Municipal de la mairie de Strasbourg et Vice-présidente de Strasbourg Eurométropole, Lorène Garcia, membre active du mouvement Makers of Barcelona, et Anne-Sophie Acomat, architecte et co-fondatrice de AV. Exciter, nous font partager leurs expériences, en tant que femme dans un univers d’hommes.

Conférence « Les femmes dans le monde des Makers »

Mon cerveau étant en totale ébullition face à toutes ces découvertes, c’est mon ventre qui a fini par prendre le relais. Mes pas m’ont donc mené près du « Food Camp », où les restaurateurs invités par l’association Street Bouche nous faisaient découvrir leurs spécialités. J’ai opté pour un « burger du chef » de chez « Tout est bon dans le camion » et même si la température ne se prêtait pas à une telle audace alimentaire, je l’ai savouré sans aucun regret ! Et c’est en pleine digestion que tout d’un coup, le fameux Dragon Bégué Wax dont on vous parlait ici, s’est mis en mouvement et, accompagné d’une joyeuse fanfare, a déambulé majestueusement sur la presqu’île Malraux.

Street Bouche, partenaire de l’événement

Le Dragon Bégué Wax produit par l’association Terminé Bonsoir / Cie Titanos, en pleine déambulation

Vous l’aurez compris, j’ai passé un excellent moment à la Mini Maker Faire et c’est les avec les yeux remplis d’étoiles – et quelques coups de soleil – que je suis rentrée chez moi, après ces quelques heures passées à erré parmi les stands de ces magiciens de la créativité et des nouvelles technologies.  Et d’ailleurs, si cette édition est intitulée « Mini » Maker Faire, ce n’est pas pour rien : c’est la première fois que AV Lab organise à Strasbourg un tel événement. Mais, d’ici 3 ans, l’association compte bien passer de « Mini » à « Giga », en passant d’environ 45 Makers présents cette année à plus de 300 en 2020.

Et franchement… il nous tarde d’y être !


Photos de Ralph Utzmann


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